Décision américaine sur Jérusalem: la pression monte sur Trump

Union européenne (UE), Ligue arabe, Autorité palestinienne et Turquie: les réactions négatives ...
Décision américaine sur Jérusalem: la pression monte sur Trump

Décision américaine sur Jérusalem: la pression monte sur Trump

Photo: Keystone/EPA/JIM HOLLANDER

Union européenne (UE), Ligue arabe, Autorité palestinienne et Turquie: les réactions négatives sur une possible décision de déplacer l'ambassade américaine à Jérusalem se multipliaient mardi. Elle consacrerait une reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël.

'Cela pourrait avoir de graves répercussions sur l'opinion publique dans des parties entières du monde', ont prévenu les services de la haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, dans un communiqué. 'Il faut rester concentré sur les efforts pour faire redémarrer le processus de paix et éviter toute action qui saperait ces efforts', selon la même source.

'Depuis le début de l'année', l'Union européenne estime qu'il faut réfléchir 'aux conséquences que pourrait avoir une décision ou action unilatérales affectant le statut de Jérusalem', occupée et annexée par Israël.

'Dangereuse'

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a jugé 'dangereuse' mardi cette possible décision. Il a déclaré devant les membres de l'institution panarabe que la réunion convoquée mardi était due 'au danger de cette question, si cela devait arriver, et aux possibles conséquences négatives pas seulement pour la situation en Palestine mais aussi dans la région arabe et islamique'.

Un haut conseiller du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Chaath, a prévenu Donald Trump que toute reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël signifierait la fin de l'effort mené par l'administration américaine pour relancer l'entreprise de paix.

'Nous n'accepterons plus la médiation de l'Amérique, nous n'accepterons plus la médiation de M. Trump. Ce sera la fin du rôle joué par les Américains dans ce processus', a dit M. Chaath à des journalistes.

'Ligne rouge'

De son côté, le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti que le statut de Jérusalem était 'une ligne rouge' pour les musulmans. 'Nous allons mener cette lutte jusqu'au bout avec détermination. Et cela pourrait aller jusqu'à la rupture de nos relations diplomatiques avec Israël', a-t-il ajouté lors d'un discours devant le groupe parlementaire du parti AKP au pouvoir.

'En tant que président en exercice de l'OCI (Organisation de la coopération islamique), nous allons suivre cette question jusqu'au bout. Si une telle décision est prise, nous réunirons sous 5 ou 10 jours un sommet des leaders de l'OCI à Istanbul (...) Nous mettrons en mouvement tout le monde musulman lors de ce sommet', a-t-il encore dit.

La Turquie avait déjà mis en garde lundi contre une reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d'Israël, estimant qu'une telle mesure provoquerait 'une grande catastrophe'.

La France a émis lundi soir son propre avertissement au président américain. Dans un entretien téléphonique, le chef de l'Etat français Emmanuel Macron a 'exprimé sa préoccupation sur la possibilité que les Etats-Unis reconnaissent unilatéralement Jérusalem comme capitale d'Israël'.

Décision imminente

Le président Trump doit se prononcer cette semaine sur l'épineux statut de Jérusalem, mais plus l'heure de la décision approche plus la pression internationale s'intensifie pour qu'il évite tout choix susceptible de ruiner les espoirs de relance du processus de paix.

Israël considère la Ville sainte comme sa capitale 'éternelle et réunifiée', mais les Palestiniens estiment que Jérusalem-Est doit être la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. La communauté internationale n'a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël, ni l'annexion de sa partie orientale occupée en 1967.

/ATS
 

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