Des milliers de civils fuient Gaza, pourparlers sur une trêve

Des milliers de civils palestiniens ont une nouvelle fois fui le nord de la bande de Gaza en ...
Des milliers de civils fuient Gaza, pourparlers sur une trêve

Des milliers de civils fuient Gaza, pourparlers sur une trêve

Photo: KEYSTONE/EPA/HAITHAM IMAD

Des milliers de civils palestiniens ont une nouvelle fois fui le nord de la bande de Gaza en ruines où les bombardements et les combats au sol entre l'armée israélienne et le Hamas font rage. Des pourparlers pour une trêve humanitaire ont lieu à Doha jeudi.

Après plus d'un mois de frappes israéliennes meurtrières, en représailles à l'attaque sanglante menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre, plusieurs centaines de milliers de civils, selon l'ONU, restent piégés dans une situation humanitaire désastreuse dans le nord de la bande de Gaza. Le conflit a fait au moins 1400 morts en Israël et 10'812 côté palestinien. 239 personnes sont rentenues en otage à Gaza.

Alors qu'Israël exclut tout cessez-le-feu sans la libération préalable des otages, les chefs du Mossad israélien David Barnea et de la CIA américaine Bill Burns ont discuté avec les responsables qataris à Doha d'une 'éventuelle trêve humanitaire' dans le territoire, selon un responsable au fait des pourparlers.

Les discussions portent aussi sur 'la libération des otages et davantage d'aides entrant à Gaza', a dit à l'AFP ce responsable, sous couvert d'anonymat, précisant qu'elles avaient 'bien progressé vers un accord'.

Une source proche du Hamas à Gaza avait indiqué mercredi à l'AFP que des négociations menées par le Qatar portaient sur la libération de douze otages, parmi lesquels six Américains, en échange d'une trêve humanitaire de trois jours.

Le Djihad islamique, allié au Hamas à Gaza, a indiqué dans une vidéo jeudi qu'il était prêt à libérer deux otages israéliens, une femme septuagénaire et un adolescent, 'si les conditions sécuritaires sont réunies'.

Le Hamas a lui annoncé que son chef, Ismaïl Haniyeh, basé au Qatar, s'était rendu jeudi en Egypte pour des discussions avec le chef du service de renseignement égyptien, le général Abbas Kamel, sur Gaza où la situation humanitaire se dégrade de jour en jour selon les ONG.

'Pauses' quotidiennes

Jeudi, comme la veille, une foule d'hommes et de femmes à pied, portant leurs enfants dans les bras, les mains vides ou emportant de petits baluchons, ont envahi la route menant vers le sud, selon un journaliste de l'AFP.

Selon Israël, 50'000 personnes fuyant les combats sont passées par 'un couloir d'évacuation' sécurisé ouvert pendant plusieurs heures lors de 'pauses tactiques' de l'armée, soit autant que la veille. Le terminal de Rafah, entre Gaza et l'Egypte, a rouvert jeudi pour permettre l'évacuation d'étrangers, binationaux et blessés bloqués dans le sud.

Un porte-parole de la Maison Blanche a annoncé l'accord d'Israël pour 'des pauses' quotidiennes 'de quatre heures dans certaines zones du nord' de Gaza.

Interrogé par la presse sur la portée de cette annonce, un porte-parole de l'armée israélienne, a répondu : 'ce n'est pas un changement'. 'Il s'agit de pauses tactiques locales pour l'aide humanitaire, qui sont limitées dans le temps et dans l'espace', a ajouté Richard Hecht, sans plus de détails.

Israël bombarde sans répit le petit territoire depuis le 7 octobre et a juré 'd'anéantir' le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël. L'armée y mène aussi depuis le 27 octobre une opération terrestre qui a fait 35 morts dans ses rangs, resserrant son étau sur la ville de Gaza.

Opérant depuis quelques jours au coeur de la ville près du grand hôpital al-Shifa, l'armée a affirmé jeudi avoir 'éliminé plus de 50 terroristes lors d'intenses batailles'. Des 'entrées de tunnels, des ateliers de fabrication de missiles anti-chars et des sites de lancement de roquettes anti-aériennes ont été détruits', a-t-elle ajouté. Selon l'armée, la zone abrite le 'quartier militaire' du Hamas retranché dans un vaste réseau de tunnels souterrains. La région a subi de lourds dégâts.

Situation 'désastreuse'

Selon l'ONU, 1,5 million de personnes sur les 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza ont été déplacées par la guerre. Des centaines de milliers de réfugiés en détresse s'entassent dans le sud, où les réserves alimentaires baissent dangereusement, selon l'ONU.

Israël a cependant nié l'existence d'une 'crise humanitaire' à Gaza, tout en reconnaissant les 'nombreuses difficultés' auxquelles font face les civils alors que l'aide internationale arrive au compte-gouttes depuis l'Egypte via le terminal de Rafah.

L'envoyé américain pour les affaires humanitaires, David Satterfield, a indiqué jeudi qu'environ 100 camions chargés d'aide entraient quotidiennement dans Gaza, un nombre selon lui insuffisant pour ce territoire privé d'eau, d'électricité, de nourriture et de médicaments par le siège total imposé par Israël depuis le 9 octobre.

Dans le nord du territoire, des centaines de milliers de personnes se trouvent toujours 'dans une situation humanitaire désastreuse', selon l'ONU. Les hôpitaux qui n'ont pas encore fermé manquent de médicaments et de carburant pour faire fonctionner les générateurs.

'Crise de l'humanité'

C'est 'plus qu'une crise humanitaire, c'est une crise de l'humanité', a affirmé jeudi l'UNRWA, dont le patron Philippe Lazzarini a participé à une conférence internationale humanitaire organisée à Paris par le président français Emmanuel Macron.

Cette conférence a permis d'atteindre un milliard d'euros d'engagements, destiné à répondre notamment aux besoins de l'ONU pour aider la population des Territoires palestiniens, estimés à 1,2 milliard de dollars jusqu'à fin 2023.

En Cisjordanie occupée, où les violences se multiplient, 18 Palestiniens ont été tués jeudi dans plusieurs localités, dont 14 lors d'un raid israélien dans la ville de Jénine, bastion des groupes armés, selon le ministère de la Santé de l'Autorité palestinienne.

Selon des journalistes de l'AFP à Jénine, 'des combats intenses' ont eu lieu et le bruit des explosions et des rafales d'armes légères a duré toute la journée. Au moins 170 Palestiniens ont été tués par des tirs de soldats ou de colons israéliens en Cisjordanie depuis le 7 octobre, d'après l'Autorité palestinienne.

/ATS
 

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