Environ 300'000 personnes ont marché samedi dans le calme à Londres pour réclamer un cessez-le-feu à Gaza, sous haute surveillance de la police pour tenter d'éviter des débordements. Des contre-manifestants étaient également présents en nombre.
La police, citant le chiffre d'environ 300'000 personnes, a estimé qu'il s'agissait de 'la plus importante marche' organisée depuis le 7 octobre dans la ville.
Arborant dans le calme des drapeaux palestiniens et brandissant des pancartes demandant de 'stopper les bombardements de Gaza', les manifestants ont crié 'Free Palestine' et 'cessez-le-feu maintenant', cinq semaines après l'attaque meurtrière du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël, qui en riposte bombarde massivement la bande de Gaza.
Parallèlement en France, qui compte l'une des plus importantes communautés musulmanes d'Europe, plus de 16'000 personnes selon la police ont défilé à Paris sous le mot d'ordre 'Halte au massacre à Gaza!'.
Ils étaient également plus de 20'000 à Bruxelles pour dénoncer un 'génocide' dans la bande de Gaza et appeler à un cessez-le-feu. En Suisse, des manifestations pro-palestiniennes ont réuni quelque 2000 personnes à Genève et 1000 à Zurich.
Contre l'avis du gouvernement
Un important dispositif de sécurité avait été déployé dans la capitale britannique pour éviter d'éventuels débordements, la police ayant déjà arrêté près de 200 personnes lors de précédentes marches 'pour la Palestine', organisées depuis le 7 octobre.
'Je condamne les scènes violentes et totalement inacceptables auxquelles nous avons assisté aujourd'hui de la part de l'EDL et des groupes associés, ainsi que des sympathisants du Hamas participant à la 'Marche nationale pour la Palestine'', a réagi en soirée M. Sunak dans un communiqué.
La marche s'est tenue contre l'avis du gouvernement, qui l'avait jugée 'irrespectueuse' en ce week-end de commémorations de l'armistice de la Première Guerre mondiale.
'Je suis ici en solidarité avec les Palestiniens face à l'injustice qui se passe. C'est intolérable', explique à l'AFP Gavin Searle, réalisateur de 58 ans, venu de Hastings (sud de l'Angleterre).
'On ne peut pas rester sans rien faire quand des personnes sont tuées', affirme Shiraz Bobra, 41 ans, venue de Leicester (centre de l'Angleterre). Elle espère que la mobilisation incitera les responsables politiques 'à s'asseoir autour de la table et organiser' un cessez-le-feu.
John McGowan, un prêtre catholique, qui indique avoir vécu 5 ans à Jérusalem et défendre le principe d'une solution à deux Etats, indique lui 'souffrir pour les Palestiniens parce que leur terre est occupée et que leurs occupants peuvent être cruels'.
Altercations
Près de 2000 policiers étaient mobilisés, notamment pour tenter d'éviter des confrontations avec les militants nationalistes, venus par 'centaines', selon la police, parmi lesquels Tommy Robinson, fondateur du groupe d'extrême droite EDL.
Des échauffourées ont eu lieu dès la fin de matinée entre la police et certains de ces militants, dont certains agitaient le drapeau de l'Angleterre (croix de saint Georges rouge sur fond blanc) ou l'Union Jack (le drapeau du Royaume-Uni), et qui tentaient d'approcher le quartier de Whitehall où se trouve le mémorial en hommage aux soldats britanniques morts au combat.
En début d'après-midi, la police a affirmé sur X (ex-Twitter) avoir arrêté 82 de ces contre-manifestants 'afin d'empêcher que la paix ne soit compromise' alors qu'ils 'tentaient de rejoindre la marche' pro-palestinienne.
Quelque 150 participants à ce cortège ont aussi été arrêtés pour s'être dissimulé le visage ou avoir déclenché des feux d'artifice. La police a annoncé rechercher 'activement' deux manifestants masqués coiffés de bandeaux aux couleurs du Hamas.
Crise politique
L'organisation de la marche a tourné à la crise politique, le gouvernement ayant mis la pression sur la police pour l'interdire, ce que celle-ci a refusé. Rishi Sunak avait prévenu qu'il tiendrait le chef de la police, Mark Rowley, 'responsable' d'éventuels débordements.
La ministre de l'Intérieur Suella Braverman, qui a qualifié les manifestations pro-palestiniennes de 'marches de la haine', a suscité un flot de critiques après avoir remis en cause l'impartialité de la police dans sa gestion des manifestations.
Vendredi soir, elle a affirmé qu'elle 'soutenait totalement' la police, mais plusieurs responsables politiques l'ont accusée de mettre de l'huile sur le feu avant la tenue du cortège.
Plusieurs élus de l'opposition ont encore demandé samedi son départ du gouvernement, comme le Premier ministre écossais Humza Yousaf. 'L'extrême droite a été encouragée par la ministre de l'Intérieur (...) Ils attaquent maintenant la police le jour de l'armistice. La position de la ministre de l'Intérieur est intenable. Elle doit démissionner', a-t-il écrit sur X.
La guerre a fait 1200 morts en Israël, en majorité des civils tués dans l'attaque sans précédent le 7 octobre du Hamas, selon un bilan révisé à la baisse du gouvernement israélien. Et 11'078 morts dans les bombardements menés en représailles par Israël dans la bande de Gaza, essentiellement des civils aussi, dont 4506 enfants, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Depuis le début du conflit, le Royaume-Uni connaît un essor d'actes antisémites et islamophobes.
/ATS









