Giuseppe Conte renonce à être Premier ministre

Giuseppe Conte renonce à être Premier ministre, a annoncé la présidence italienne. Il n'est ...
Giuseppe Conte renonce à être Premier ministre

Giuseppe Conte renonce à être Premier ministre

Photo: KEYSTONE/EPA ANSA/GIANDOTTI / HANDOUT

Giuseppe Conte renonce à être Premier ministre, a annoncé la présidence italienne. Il n'est pas parvenu à imposer son équipe, faute d'accord sur le nom du ministre des Finances.

Cet avocat et professeur de droit de 53 ans, inconnu du grand public et jusqu'à présent très éloigné du monde politique avait été choisi par le Mouvement 5 Etoiles (M5S, populiste) et la Ligue (extrême-droite) pour occuper la fonction de président du Conseil. Il a renoncé à former un gouvernement après sa rencontre avec le chef de l'Etat Sergio Mattarella.

'Conflit institutionnel sans précédent'

Cette décision semble rendre inévitable la tenue de nouvelles élections législatives cette année. Le scrutin du 4 mars n'avait permis de dégager aucune majorité au Parlement et plongé l'Italie dans une impasse politique.

Sergio Mattarella a de nouveau refusé d'accepter que l'économiste Paolo Savona prenne le portefeuille des Finances, a-t-on appris de sources politiques dimanche, en raison notamment de son hostilité connue et déclarée pour l'euro et pour les institutions européennes. 'C'est un conflit institutionnel sans précédent', a déclaré le chef de file de la Ligue dans une vidéo diffusée en direct sur Facebook.

'Nous avons travaillé pendant des semaines pour faire naître un gouvernement qui défende les intérêts des citoyens italiens. Mais quelqu'un (sur la pression de qui ?) nous a dit non', a-t-il ajouté, sur les réseaux sociaux.

Rôle de garant

Sergio Mattarella a déclaré lors d'une allocution télévisée ne pas être celui à blâmer pour l'impasse politique. Il a dit avoir joué, en tant que chef de l'Etat, son rôle de garant.

Il a proposé des alternatives pour le portefeuille des Finances, mais ses suggestions ont toutes repoussées par le M5S et la Ligue, a-t-il précisé. Il prendra 'rapidement' une décision sur la marche à suivre et il a convoqué pour lundi Carlo Cottarelli, un ancien du FMI. Il n'a pas voulu se prononcer sur la tenue ou non d'élections anticipées.

Avant même la fin de la réunion entre MM. Mattarella et Conte, Matteo Salvini avait annoncé, sans confirmer le veto présidentiel, que la seule solution désormais était la tenue de nouvelles élections législatives, probablement cette année.

'Dans une démocratie, si nous sommes toujours en démocratie, il n'y a qu'une seule chose à faire, laisser les Italiens avoir leur mot à dire', a-t-il dit devant des partisans rassemblés dans le centre de l'Italie. M. Salvini et le dirigeant du M5S, Luigi Di Maio, se sont entretenus dimanche de manière informelle avec le président de la République afin de trouver une solution.

Programme 'pas viable'

'Le problème est Salvona', a déclaré une source au sein de la coalition, précisant que l'économiste n'avait pas suffisamment adouci certaines de ses positions sur l'Europe. Paolo Savona, 81 ans, doute de la pertinence du maintien de l'Italie dans la zone euro.

Selon le ministre de l'Economie sortant, le problème n'est pas M. Salvona mais le programme économique de la Ligue et du M5S. Ce programme n'est 'clairement pas viable', a estimé dimanche Pier Carlo Padoan.

Sergio Mattarella ne s'est pas exprimé publiquement sur Paolo Savona. Ses conseillers ont toutefois fait comprendre qu'il ne voulait pas d'un eurosceptique à la tête du ministère de l'Economie et qu'il n'accepterait pas que les partis lui forcent la main.

Marchés inquiets

Giuseppe Conte avait déjà rencontré vendredi le chef de l'Etat. Il était ressorti de son entretien au Quirinal sans accord sur la formation de son équipe.

Les marchés s'inquiètent de la constitution d'un gouvernement eurosceptique dont la politique menacerait les fragiles finances publiques italiennes. Moody's Investors Service a annoncé vendredi avoir placé la note à long terme Baa2 de l'Italie sous surveillance avec implication négative. L'agence de notation craint les retombées sur les finances publiques des projets budgétaires de la nouvelle coalition au pouvoir.

/ATS
 

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