Grève au camp migratoire de Lesbos où la situation est « limite »

Les employés du camp migratoire de Moria à Lesbos, le plus peuplé des îles grecques avec plus ...
Grève au camp migratoire de Lesbos où la situation est « limite »

Grève au camp migratoire de Lesbos où la situation est

Photo: Keystone/EPA ANA-MPA/ORESTIS PANAGIOTOU

Les employés du camp migratoire de Moria à Lesbos, le plus peuplé des îles grecques avec plus de 8000 résidents, ont annoncé vendredi une grève contre la surpopulation du centre. Le gouvernement reconnaît une situation 'limite'.

Avec 8388 résidents officiellement recensés pour 3100 places, le camp, première porte d'entrée migratoire en Grèce, bat des records de densité, selon un communiqué du comité du personnel. La situation y est 'très difficile voire limite' a reconnu le ministre à la Politique migratoire, Dimitris Vitsas, dans une réponse à un appel à l'aide du maire de l'île.

Réclamant des mesures pour soulager le camp, et dans l'immédiat y augmenter la surveillance policière pour protéger tant les résidents que le personnel, les employés ont annoncé une grève du zèle à partir de samedi, et un arrêt de travail lundi.

'Conditions de vie tragiques'

Sur l'île même, les migrants et réfugiés sont désormais plus de 10'500, tandis que sur l'ensemble des cinq îles du nord-est de la mer Egée où l'UE a décidé en mars 2016 de consigner les arrivants de Turquie, ils frôlent les 20'000 personnes. A Moria, la surpopulation impose aux résidents 'des conditions de vie tragiques, indignes d'un pays européen', relève le comité, en écho aux alertes répétées des ONG et du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU.

'La situation est lourde de dangers, qu'il s'agisse du risque d'épidémies, de décès en cas de mauvais temps, de suicides ou mutineries', ajoute le comité. Les autorités du camp tentent pour leur part d'accélérer les transferts vers le continent des exilés jugés 'vulnérables' et donc éligibles à l'asile dans l'UE, en mesure à ce titre d'échapper au confinement sur les îles, a indiqué le directeur adjoint, Dimitris Vafeas.

Mais la poursuite des arrivées en provenance des côtes turques proches, en dépit du pacte migratoire UE-Turquie censé tarir les flux, bloque toute solution à terme, a relevé M. Vitsas dans une réponse à un appel à l'aide du maire de l'île. Face à cette situation, la Grèce 'insiste sur la nécessité d'une répartition' des réfugiés dans toute l'Europe, a-t-il souligné.

/ATS
 

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