Guterres en tournée pour le climat, un combat « pas en bonne voie »

Antonio Guterres a entamé dimanche une tournée pour le climat dans le Pacifique Sud. Le secrétaire ...
Guterres en tournée pour le climat, un combat « pas en bonne voie »

Guterres en tournée pour le climat, un combat

Photo: Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Antonio Guterres a entamé dimanche une tournée pour le climat dans le Pacifique Sud. Le secrétaire général de l'ONU prévenu que la planète n'était pas dans les clous pour atteindre ses objectifs de limitation de la hausse des températures.

Dans un message fort destiné à réclamer des actes pour le climat, un défi en passe de devenir un combat central au sein de l'ONU, M. Guterres a jugé que la détermination des différents pays du monde s'émoussait. Et d'ajouter que les petites nations insulaires, qui sont 'vraiment en première ligne', allaient souffrir le plus.

'Nous voyons partout la démonstration évidente que nous ne sommes pas en bonne voie pour atteindre les objectifs définis par l'accord de Paris', a déclaré M. Guterres. Conclu entre 195 pays membres de l'ONU, le pacte prévoit de contenir le réchauffement de la planète 'bien en-dessous de deux degrés Celsius et de limiter la hausse à 1,5°C'.

'Et le paradoxe, c'est qu'à mesure que les choses empirent sur le terrain, les mesures politiques semblent reculer', a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse conjointe à Auckland avec la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern.

La tournée qu'effectue le patron de l'ONU avant le sommet sur le climat prévu en septembre à New York le conduira - après la Nouvelle-Zélande où il est arrivé dimanche - aux Fidji, à Tuvalu et au Vanuatu. Tous ces pays sont menacés par la montée des eaux consécutive au changement climatique.

Neutralité carbone pour 2050

M. Guterres a aussi rendu hommage à l'action du gouvernement néo-zélandais, qui vient de présenter un projet de loi affichant un objectif de neutralité carbone pour 2050. Le texte exempte cependant partiellement le secteur agricole, vital pour le pays.

Mme Ardern a déclaré que le changement climatique représentait 'le plus gros défi' qui se pose à la communauté internationale. Cette dernière ferait preuve de 'grave négligence' si elle restait les bras croisés.

Durant son séjour de trois jours en Nouvelle-Zélande, M. Guterres rencontrera également les chefs de la communauté musulmane de Christchurch pour témoigner de sa solidarité après le carnage des mosquées qui a fait 51 morts parmi les fidèles le 15 mars. Mais sa tournée reste avant tout centrée sur la lutte contre le réchauffement climatique.

'Nous continuons de perdre la bataille', répète-t-il régulièrement. 'Le changement climatique va plus vite que nous et si nous ne renversons pas la tendance, ce sera une tragédie pour le monde entier'.

Abandon américain

Aux Fidji ou au Vanuatu, M. Guterres doit rencontrer des familles dont la vie est désormais dépendante des ouragans, des inondations ou d'autres évènements climatiques extrêmes. La volonté d'Antonio Guterres de s'investir personnellement dans le combat contre le changement climatique intervient dans une période de profonde remise en cause aux Etats-Unis, premier contributeur financier à l'ONU, de la réalité du changement climatique et de ses causes.

Donald Trump a retiré les Etats-Unis de l'Accord de Paris en 2017, avec effet en 2020. Et depuis le départ de Nikki Haley en décembre, Washington n'a pas d'ambassadeur onusien. Celle qui est pressentie pour le remplacer, Kelly Knight Craft, actuellement ambassadrice, est mariée à un industriel du charbon, ce qui ne laisse guère présager de positions communes avec le patron de l'ONU.

/ATS
 

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