Il faudra plus de 10 ans pour nettoyer Mossoul de risques explosifs

L'ONU n'a jamais vu autant de 'complexité, de densité et de nombre de différents types' de ...
Il faudra plus de 10 ans pour nettoyer Mossoul de risques explosifs

Il faudra plus de 10 ans pour nettoyer Mossoul de risques explosifs

Photo: KEYSTONE/EPA/MURTAJA LATEEF

L'ONU n'a jamais vu autant de 'complexité, de densité et de nombre de différents types' de restes explosifs de guerre qu'à Mossoul-Ouest. Il faudra plus de dix ans pour nettoyer cette zone reprise à l'Etat islamique (EI), a dit mercredi à Genève un responsable.

Même après cette période, des engins non explosés resteront pendant longtemps comme dans les pays européens après la Seconde Guerre mondiale, a dit devant la presse le chef du programme en Irak du Service de la lutte antimines de l'ONU (UNMAS), Pehr Lodhammar. Le volume a atteint ''un nouveau degré' en Irak, sans mentionner les restes explosifs de guerre liés à la coalition.

Le nombre de personnes décédées en raison d'explosions depuis que celle-ci a repris la ville aux djihadistes n'est pas connu. L'accès à certaines zones reste impossible et une évaluation en 2018 devrait donner davantage d'indications.

M. Lodhammar mentionne au moins une victime par semaine, 'probablement' une par jour, et un taux d'impact très élevé. Sur les 35'000 engins désactivés en 2017, 25'000 se trouvaient à Mossoul-Ouest. Plus de 700 étaient improvisés (IED). Les types de dispositifs de l'EI vont d'engins contrôlés à distance à des ceintures en passant par des plaques de pression. Parfois connectés à des centaines de kilos d'explosifs.

Tous les 2 m

'Les pires sont probablement les infrarouges', estime M. Lodhammar qui a près de 30 ans d'expérience dans la lutte contre les explosifs. Tous les IED sont artisanaux. Et une usine de fabrication de l'EI avec 250'000 composants électroniques retrouvés en un jour avait été lancée dans la ville.

Les djihadistes ont établi des engins individuels dans des maisons pour empêcher la population de rentrer, les 'pires cas'. Mais aussi des barrières parfois de 10 km, constituées tous les deux mètres d'un explosif. L'EI a surenchéri sur les contre-mesures de lutte contre cet armement.

Autre problème, seul un tiers des engins se trouvent à la surface. La population s'expose à des explosifs dans le sol et l'UNMAS l'a sensibilisée aux risques dès qu'elle avait quitté la ville en raison des violences. Par ailleurs, celles-ci ont provoqué plus de 10 millions de tonnes de débris.

Trente-deux zones

Face à cette situation, plusieurs équipes mandatées par l'UNMAS collaborent avec l'armée, la police et la défense civile irakiennes. Ce pays n'a pas encore suffisamment d'expérience sur les IED. L'ONU a notamment encadré plus de 200 policiers en 2017 pour la première réponse aux risques explosifs.

Contrairement aux mines antipersonnel où du personnel local peut être opérationnel en quelques semaines, cette situation demande davantage que quelques mois. Les chefs de l'UNMAS en Irak ont tous oeuvré sur les conflits les plus dangereux sur ces questions. Il faut '25 à 30 ans d'expérience' pour piloter le dispositif à Mossoul, affirme M. Lodhammar.

La lutte contre les explosifs est incontournable pour la réhabilitation du pays, notamment les hôpitaux, relève-t-il. L'UNMAS est actif sur les 32 zones reprises à l'EI en Irak. Il a encore besoin en 2018 de plus de 200 millions de dollars.

/ATS
 

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