Kenya: la Cour suprême invalide la réélection du président Kenyatta

La Cour suprême du Kenya a invalidé vendredi la victoire du président sortant, Uhuru Kenyatta ...
Kenya: la Cour suprême invalide la réélection du président Kenyatta

Kenya: la Cour suprême invalide la réélection du président Kenyatta

Photo: Keystone

La Cour suprême du Kenya a invalidé vendredi la victoire du président sortant, Uhuru Kenyatta, lors du scrutin du 8 août. Elle a ordonné la tenue d'une nouvelle élection dans les deux mois en raison d'irrégularités relevées dans les opérations de vote.

L'élection présidentielle 'n'a pas été conduite en accord avec la Constitution', a déclaré le juge président David Maraga. 'A la question de savoir si les illégalités et irrégularités ont affecté l'intégrité de l'élection, la Cour est d'avis que c'est le cas'.

M. Kenyatta 'n'a pas été élu et déclaré président de manière valide', a ajouté le juge, alors qu'à l'extérieur de la Cour suprême, autour de laquelle un important dispositif policier avait été déployé, des partisans du candidat de l'opposition Raila Odinga ont laissé éclaté leur joie.

Irrégularités dénoncées

La décision, qui est définitive, a été rendue à la majorité. Seuls deux juges sur un total de sept - dont un absent pour cause de maladie - ont exprimé des opinions dissidentes.

Le juge président a soutenu que la Commission électorale a 'échoué, négligé ou refusé' de conduire les élections en accord avec la Constitution, évoquant des irrégularités dans la transmission des résultats.

Uhuru Kenyatta avait été déclaré vainqueur par 1,4 million de suffrages d'écart. Le chef de file de l'opposition, Raila Odinga, avait crié à la fraude massive après l'annonce des résultats. La coalition de l'opposition a déposé le 18 août un recours devant la Cour suprême pour contester les résultats.

Décision 'historique'

Le leader de l'opposition a salué la décision 'historique' de la Cour suprême. Il a souligné que l'invalidation d'une élection présidentielle par un tribunal était une première sur le continent.

M. Odinga a ajouté qu'il n'avait 'plus confiance' dans la Commission électorale actuelle et qu'une nouvelle équipe devait conduire la prochaine élection présidentielle, d'ici 60 jours.

La proclamation de la victoire de M. Kenyatta le 11 août avait été suivie de deux jours de violences sporadiques circonscrites aux bastions de l'opposition, dans les bidonvilles de Nairobi et dans l'Ouest. Au moins 21 personnes avaient été tuées dans ces manifestations et émeutes violemment réprimées par la police.

Très redoutées, ces violences n'avaient toutefois pas atteint le niveau des violences post-électorales de 2007-2008 (plus de 1100 morts).

/ATS
 

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