L'Allemagne et la France au secours de l'OMS

L'Allemagne et la France ont décidé de venir en aide à l’OMS après la suspension de la contribution ...
L'Allemagne et la France au secours de l'OMS

Allemagne et France au secours de l'OMS face à Washington et Pékin

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

L'Allemagne et la France ont décidé d'étendre leur soutien à l'OMS, après la suspension de la contribution américaine et face aux polémiques avec Pékin. Leurs ministres de la santé ont annoncé jeudi à Genève une aide de centaines de millions d’euros.

'Nous sommes venus pour réaffirmer le soutien du couple franco-allemand au fonctionnement' de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a dit à la presse le Français Olivier Véran, au terme d'une rencontre, avec son homologue allemand Jens Spahn et le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus. Face à la pandémie, 'le monde a besoin plus que jamais' d'une organisation 'mondiale, 'multilatérale', et 'seule l'OMS peut apporter cette réponse', a-t-il affirmé.

Le président américain Donald Trump a annoncé récemment que son pays, premier contributeur, stopperait sa contribution à l'institution. Il accuse celle-ci d'avoir mal piloté la réponse internationale à la pandémie et d’être trop proche de la Chine. De son côté, Pékin était arrivé récemment devant l'Assemblée mondiale de la santé avec la promesse de deux milliards de dollars d'aide aux pays les plus affectés face à la crise.

Face aux tensions entre ces deux acteurs, l'UE avait déjà piloté les discussions pendant des semaines pour une résolution de compromis pour garantir un accès équitable et abordable à de possibles futurs vaccins et médicaments contre le Covid. Mais aussi pour une évaluation indépendante de la réponse de l'OMS et des différents pays à la pandémie. La résolution avait été approuvée par consensus par les Etats membres de l'OMS, y compris les Etats-Unis.

Désormais, l'Allemagne et la France veulent aussi peser sur le fonctionnement de l'institution. Tout en se gardant d'affirmer officiellement vouloir remplacer le manque attendu après la décision américaine. 'Nous ne sommes pas venus en sauveur, ni en procureur, ni en avocat', dit M. Véran.

Spahn prudent avec les Etats-Unis

De son côté, M. Spahn est resté prudent sur l'annonce américaine. 'Nous devons discuter au sein de l'OMS, avec les Etats membres et les Etats-Unis comment nous allons travailler et faire face à de possibles changements. Ce n'est pas en sûr', dit-il. En revanche, il a réaffirmé que son pays était 'un ami fort' de l'OMS et que toute réponse 'isolée' à la crise était 'condamnée à échouer'.

A elles deux, l'Allemagne et la France ont annoncé des contributions supplémentaires d'environ 300 millions d'euros (environ 285 millions de francs) pour cette année. Berlin, qui va reprendre la semaine prochaine la présidence de l'UE, apportera la plus grande enveloppe.

En raison du manque de financement du plan de réponse au Covid lancé par l'OMS, elle a annoncé 200 millions d'euros pour ce dispositif, en plus des 110 millions déjà versés. Elle va également donner 25 millions pour l'application de ce plan et, jusqu'en 2023, plus de 40 millions pour les missions habituelles de l'OMS.

Le Parlement allemand devrait lui approuver cette aide début juillet, a dit M. Spahn. Au total, Berlin distribuera plus de 500 millions d'euros cette année à l'Allemagne.

De son côté, la France va apporter un soutien supplémentaire de 50 millions d'euros. Auxquels s'ajoutent 100 millions de masques qui seront attribués à l'organisation pour venir en aide aux pays les plus affectés par la crise. Un effort également mené par Berlin.

Dialogue sur les frontières européennes

Les deux ministres étaient les premiers à venir rencontrer physiquement M. Tedros, égratigné par Washington, depuis le déconfinement. Le directeur général a salué ce soutien, ajoutant que l'OMS n'était que ce que 'les Etats membres souhaitent qu'elle soit'.

M. Tedros avait récemment appelé à augmenter la production de dexaméthasone, seul médicament prometteur pour réduire la mortalité des cas graves de Covid. 'Nous en avons', explique M. Véran, ajoutant que les stocks ont été augmentés. Il espère surtout un vaccin 'dans les prochains mois'.

L'UE doit décider prochainement avec ses partenaires de Schengen, dont la Suisse, si ses frontières extérieures seront aux ressortissants américains et brésiliens, pays très affectés. M. Spahn a fait remarquer que les consultations se poursuivaient sur cette question. 'Nous regarderons situation après situation', en fonction des cas de coronavirus dans les pays tiers et de leurs dispositifs pris face à la pandémie, a renchéri de son côté M. Véran.

/ATS
 

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