L'Ambassadeur d'Allemagne au Venezuela prié de quitter le pays

L'ambassadeur d'Allemagne au Venezuela Daniel Kriener a été déclaré 'non grata'. Il est prié ...
L'Ambassadeur d'Allemagne au Venezuela prié de quitter le pays

Soumis aux pressions, le régime Maduro contre-attaque

Photo: KEYSTONE/EPA EFE/RAUL MARTINEZ

Le régime de Nicolas Maduro, soumis à la pression de la communauté internationale en faveur de son opposant Juan Guaido, a contre-attaqué mercredi. Il a expulsé l'ambassadeur d'Allemagne à Caracas pour 'ingérence'.

A Washington, le conseiller à la sécurité nationale du président américain, John Bolton a annoncé de nouvelles sanctions visant les 'institutions financières étrangères (qui seraient) impliquées dans une aide à des transactions illégales bénéficiant à Nicolas Maduro et à son réseau corrompu'. 'Nous ne laisserons pas Maduro voler les richesses du peuple vénézuélien', a-t-il prévenu.

Les Etats-Unis ont aussi interdit mercredi de visa américain 77 membres supplémentaires du camp du président vénézuélien Nicolas Maduro, qu'ils veulent pousser à quitter le pouvoir, a annoncé plus tard le vice-président américain Mike Pence.

Journaliste arrêté

Le gouvernement vénézuélien a de son côté fait arrêter mercredi matin un journaliste américain, correspondant de plusieurs médias basés aux Etats-Unis et dont on était sans nouvelles en milieu de journée.

'La Direction des renseignements militaires s'est présentée à son domicile pour lui poser des questions sur sa couverture à la frontière' le 23 février, a rapporté à l'AFP Caros Corres de l'ONG Espacio Público.

M. Corres cherchait à la mi-journée à 'localiser' le journaliste, résidant à Caracas depuis plusieurs années.

Accusé 'd'ingérence dans les affaires intérieures' du pays, l'ambassadeur allemand Daniel Kriener a été déclaré persona non grata et prié de quitter le pays 'dans les 48 heures', a annoncé la vice-présidence vénézuélienne.

Le diplomate allemand s'était rendu lundi à l'aéroport international de Caracas en compagnie d'une douzaine de diplomates occidentaux et latino-américains pour y accueillir Juan Guaido, président de l'Assemblée nationale et président par intérim autoproclamé, que soutiennent une cinquantaine de pays.

Le ministre allemand des Affaires étrangères allemand a condamné la décision, qui selon lui 'aggrave la situation'. 'Il s'agit d'une décision incompréhensible, qui aggrave la situation et ne contribue pas à la détente', a déclaré Heiko Maas dans un bref communiqué.

Interdiction bravée

M. Guaido, qui avait bravé une interdiction de quitter le pays pour se rendre en Colombie et dans quatre pays du continent, avait annoncé son retour 'malgré les menaces', M. Maduro ayant averti qu'il devrait s'expliquer devant la justice pour avoir bravé une interdiction de sortie du territoire.

L'opposant et président du Parlement, qui s'est proclamé président par intérim du Venezuela le 23 janvier, fait depuis l'objet d'une enquête pour 'usurpation'.

'Le Venezuela juge inacceptable qu'un diplomate étranger exerce un rôle public proche de celui d'un responsable politique aligné sur le complot de secteurs extrémistes de l'opposition vénézuélienne', stipule le communiqué de la vice-présidence.

Pour Juan Guaido, qui présidait mercredi une réunion de l'Assemblée nationale, l'expulsion de M. Kriener est 'une menace contre le monde libre'. 'Il semble que le régime de (Nicolas) Maduro ne pardonne pas à ceux qui souhaitent aider le Venezuela', a-t-il déclaré.

Menaces de représailles

A ce stade, seul l'ambassadeur allemand a fait l'objet d'une mesure d'expulsion. Douze autres représentants occidentaux et latino-américains étaient venus lundi pour accueillir M. Guaido à l'aéroport 'comme témoins de la démocratie et de la liberté, afin que le président Guaido puisse rentrer', selon les mots de l'ambassadeur de France à Caracas, Romain Nadal.

Les Etats-Unis avaient aussi menacé de représailles en cas d'atteintes portées à l'opposant.

Le 23 février, les forces armées vénézuéliennes s'étaient violemment opposées à l'entrée de l'aide humanitaire organisée par l'opposition avec l'aide des Etats-Unis et bloquée aux frontières avec le Brésil et la Colombie.

C'est à cette occasion que Juan Guaido s'était rendu clandestinement en Colombie. Les incidents avaient fait sept morts et plus de 300 blessés. A la suite de cette journée, M. Guaido avait participé à une réunion du groupe de Lima (13 pays du continent et le Canada).

/ATS
 

Actualités suivantes

Articles les plus lus