L'Italie demande des centres européens dans les pays de départ

Le chef du gouvernement italien et le président français se sont dits vendredi à Paris favorables ...
L'Italie demande des centres européens dans les pays de départ

L'Italie demande des centres européens dans les pays de départ

Photo: Keystone/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON

Le chef du gouvernement italien et le président français se sont dits vendredi à Paris favorables à ce que l'Europe se dote de centres européens dans les pays de départ des migrants voulant rejoindre l'Europe. L'objectif est de tenter de réguler le flux d'arrivées.

'Nous devons créer des centres européens dans les pays de départ' des migrants avant qu'ils ne se lancent dans la traversée de la Méditerranée, a déclaré Giuseppe Conte au cours d'une conférence de presse commune avec Emmanuel Macron. Il a également souhaité des 'missions de nos agences en charge de l'asile (...) de l'autre côté de la rive'.

Ces derniers jours ont été ponctués d'éclats de voix entre la France et l'Italie, traditionnels alliés et membres fondateurs de l'Union européenne, à cause de l'errance de l'Aquarius, navire qui a secouru plus de 600 migrants clandestins, que l'Italie et Malte ont refusé de laisser accoster et qui fait désormais route vers l'Espagne.

M. Macron avait mis le feu aux poudres mardi en critiquant durement Rome, évoquant 'la part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien', une alliance entre une formation populiste, le Mouvement Cinq Etoiles, et un parti d'extrême droite, la Ligue, récemment portée au pouvoir par les électeurs.

Souffleté, le gouvernement italien avait agité la menace d'une absence de M. Conte à la rencontre de Paris, deuxième sortie internationale du tout nouveau chef de gouvernement. Finalement, les deux hommes se sont parlé par téléphone dans la nuit de mercredi à jeudi, puis les deux exécutifs ont publié chacun de leur côté un communiqué identique confirmant la tenue de la réunion.

'Entente parfaite'

Après cette semaine de crispation, MM. Macron et Conte ont cette fois-ci scellé leur 'entente parfaite', exprimant leur volonté de renforcer leur coopération sur les questions migratoires et de la réforme de la zone euro. 'Il y a eu des jours un peu tumultueux mais nous avons une entente parfaite', a dit M. Conte. 'Le fait même que je sois ici aujourd'hui est la réponse la plus éloquente'.

M. Macron a reconnu que la solidarité européenne sur l'immigration à l'égard de l'Italie n'avait pas été au 'rendez-vous' ces dernières années. Le chef de l'Etat français a exprimé le souhait que la France et l'Italie continuer de travailler 'main dans la main, ensemble' sur la question de l'immigration et de la réforme de la zone euro, sur laquelle les deux dirigeants ont revendiqué une 'forte convergence' et une 'communauté de vues'.

'Le concept d'Etat de première arrivée doit être revu, nous devons renforcer le concept de frontière européenne, personne en Europe ne peut penser se laver les mains des questions de migration', a dit Giuseppe Conte. Le système de Dublin ne fonctionne pas, a abondé à ses côtés Emmanuel Macron, appelant à trouver des règles permettant plus de solidarité envers les pays de première entrée.

De son côté, l'Espagne traitera 'tout à fait normalement' les 629 migrants sauvés par l'Aquarius qui doivent accoster dimanche à Valence et n'exclut donc pas d'en expulser certains, a déclaré vendredi la porte-parole du gouvernement espagnol.

/ATS
 

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