L'ONU se montre ferme sur le Yémen et le Burundi après la Birmanie

L'ONU s'est montrée ferme à Genève face aux violations dans plusieurs pays. Au lendemain du ...
L'ONU se montre ferme sur le Yémen et le Burundi après la Birmanie

L'ONU s'est montrée ferme à Genève face aux violations dans plusieurs pays. Au lendemain du lancement d'un mécanisme de preuves sur la Birmanie, le Conseil des droits de l'homme a prolongé vendredi les investigations sur le Yémen, malgré les pressions, et le Burundi.

Il y a un an, l'envoi d'experts au Yémen avait été obtenu, avec le soutien de ce pays, après plusieurs années de négociations. Mais le rapport présenté en août par ces spécialistes, qui ont conclu à des 'crimes de guerre' perpétrés par toutes les parties au conflit, a refroidi le gouvernement.

Après l'avoir rejeté, les autorités du président Abd Rabbo Mansour Hadi se sont opposés au renouvellement pour un an de ce mandat. Celui-ci 'encourage la guerre' qui dure depuis près de 4 ans, a estimé l'ambassadeur yéménite à l'ONU à Genève.

Il a ajouté que son pays continuerait à ne pas collaborer pas avec les spécialistes. Ces dernières semaines, l'Arabie saoudite, qui dirige la coalition qui les soutient militairement, avait tenté de compromettre le vote d'une résolution.

Mais de nombreux pays, dont la Suisse, estimaient que le groupe de spécialistes devait poursuivre ses travaux qu'il n'a pu entamer que pendant quelques mois. Au total, 21 d'entre eux ont approuvé la prolongation, contre 8 oppositions et 18 abstentions. Le conflit au Yémen a provoqué la 'pire catastrophe humanitaire' dans le monde, selon l'ONU. Il a fait au moins 10'000 victimes.

Dernière pour la Suisse

Autre tension liée à la région, le remplacement d'un siège de la région Asie/Pacifique au Conseil consultatif, dont fait partie le Genevois Jean Ziegler, a donné lieu à un vote disputé entre Etats rivaux au Moyen-Orient. Un Saoudien l'a emporté sur l'Iranien et le Qatari.

Au terme de trois semaines de travaux du Conseil des droits de l'homme, la Commission d'enquête indépendante sur le Burundi a également été prorogée. Une mesure là aussi soutenue par la Suisse pour sa dernière session après trois ans comme membre de l'enceinte onusienne.

La Commission avait récemment conclu à la poursuite de crimes contre l'humanité en 2018 au Burundi après les violences qui avaient démarré dans le contexte électoral de 2015. Malgré l'absence de collaboration de ce pays, elle a réitéré vendredi 'sa volonté de coopérer avec le gouvernement burundais'. Surtout avant les élections de 2020 où le président Pierre Nkurunziza a promis de ne pas se présenter.

Les violences liées au contexte électoral en 2015 au Burundi auraient fait au moins 1200 tués et plus de 400'000 réfugiés, selon la Cour pénale internationale (CPI). Des spécialistes internationaux avaient obtenu il y a quelques mois un accès avant de devoir quitter le territoire quelques semaines plus tard.

Droits des agriculteurs

Jeudi déjà, le Conseil des droits de l'homme avait voté le lancement d'un mécanisme de rassemblement et de préservation des preuves sur les crimes les plus graves contre les Rohingyas. La Mission d'établissement des faits avait récemment recommandé des poursuites pour génocide contre le chef et six hauts responsables de l'armée birmane, dont un s'était rendu en visite officielle en 2017 en Suisse.

Comme le dispositif similaire adopté sur la Syrie par l'Assemblée générale, le prochain mécanisme devra préparer les dossiers pénaux pour des tribunaux nationaux et internationaux. Au total, les violences ont fait au moins 10'000 victimes et provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes vers le Bangladesh.

Parmi les autres décisions prises au terme de la première session de la nouvelle Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet, le Conseil a adopté une Déclaration non contraignante sur les droits des agriculteurs, négociée depuis une dizaine d'années. Celle-ci affirme le droit de ces personnes à des conditions adaptées et reconnaît aussi notamment le droit à la souveraineté alimentaire.

Quelques jours après le rejet de l'initiative sur cette question, la Suisse a adopté cette déclaration. L'ambassadeur auprès de l'ONU à Genève Valentin Zellweger a salué un 'signal politique important' pour mieux alerter sur la situation des agriculteurs dans le monde.

Il a déploré toutefois que la déclaration ne mentionne pas suffisamment le développement durable et les questions environnementales. Le Conseil a aussi renouvelé les mandats des experts sur la Somalie, le Soudan et la Centrafrique.

/ATS