L'ONU veut éviter la perte d'une génération de jeunes Rohingyas

L'ONU appelle à éviter qu'une génération de Rohingyas soit perdue, un an après la crise qui ...
L'ONU veut éviter la perte d'une génération de jeunes Rohingyas

L'ONU veut éviter la perte d'une génération de jeunes Rohingyas

Photo: KEYSTONE/AP

L'ONU appelle à éviter qu'une génération de Rohingyas soit perdue, un an après la crise qui a provoqué le déplacement de 700'000 personnes de la Birmanie vers le Bangladesh. Elle veut accélérer dès septembre l'éducation des jeunes membres de cette minorité musulmane.

Au total, plus de 500'000 enfants se trouvent dans les camps de réfugiés de Cox's Bazar sur environ 900'000 personnes. Après un an sur ces sites pour certains d'entre eux, la désorganisation liée au nombre important d'arrivées a laissé place à une 'routine', a déclaré devant la presse à Genève un conseiller du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), Simon Ingram.

Les jeunes commencent à se demander 'quel avenir ils auront', a ajouté ce responsable qui présentait un rapport publié jeudi. Une épidémie de choléra massive n'a pas eu lieu, ni des conséquences importantes en raison des pluies. Mais celles-ci peuvent encore arriver, selon le conseiller de l'UNICEF.

La principale priorité des jeunes reste de rentrer dans leur pays. Malgré un accord récent conclu par deux agences onusiennes avec le gouvernement birman, les conditions d'un retour sûr et volontaire ne sont toujours pas rassemblées, selon l'ONU. Cette situation 'va probablement continuer pendant un certain temps', admet M. Ingram, de retour du Bangladesh. Sans pouvoir donner d'estimation, il affirme qu'il faut 'planifier une réponse durable'.

Pour les jeunes, ce scénario passe par l'éducation qui est menacée. 'Nous ne pouvons laisser cela avoir lieu', insiste M. Ingram. Près de 150'000 personnes parmi les plus jeunes ont été encadrées par des ONG locales dans 1200 centres d'enseignement dans les camps.

Autorités birmanes ciblées

Mais dès septembre, l'UNICEF veut doubler les heures de prise en charge et diversifier l'offre. Les plus âgés, dont 30'000 se réunissent dans des cercles entre eux, devraient bénéficier de cette extension dès début 2019. Un dispositif qui est souvent complété par l'éducation offerte dans l'après-midi par les organisations islamiques.

Autre préoccupation, les jeunes sont vulnérables face aux trafics d'êtres humains, qui ont cours dans la zone, et de drogue. La sécurité autour des camps a été étendue et des contrôles établis, relève M. Ingram.

Côté birman, l'accès à l'éducation des Rohingyas restés dans l'Etat de Rakhine après les violences de l'année dernière est toujours restreint. Selon les estimations difficiles à établir, plus de 350'000 enfants se trouveraient dans cette région. L'UNICEF appelle les autorités à oeuvrer pour améliorer la situation. Celles-ci sont aussi responsables de l'avenir 'à long terme' des réfugiés dans les camps au Bangladesh.

L'UNICEF a demandé plus de 28 millions de dollars pour ce dispositif sur l'éducation. Un peu plus de la moitié seulement a été versée. De leur côté, les ONG ont besoin de plus de 46 millions, dont un quart a été financé.

/ATS
 

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