L'agent secret arrêté en Allemagne a bien été mandaté par le SRC

Le présumé espion suisse arrêté en Allemagne a bien été mandaté par le Service de renseignements ...
L'agent secret arrêté en Allemagne a bien été mandaté par le SRC

L'agent secret arrêté en Allemagne a bien été mandaté par le SRC

Photo: Keystone

Le présumé espion suisse arrêté en Allemagne a bien été mandaté par le Service de renseignements de la Confédération (SRC). C'est ce qu'a déclaré Corina Eichenberger, vice-présidente de la délégation des commissions de gestion, chargée de la surveillance du SRC.

'Nous nous sommes occupés du cas il y a cinq ans. Le SRC nous l'avait soumis à l'époque', a expliqué mercredi à l'ats la conseillère nationale (PLR/AG), confirmant une information de plusieurs médias.

Ce ressortissant suisse travaillait alors pour le SRC, à un moment où le paradis fiscal helvétique était sous forte pression. 'L'Allemagne a pratiqué de l'espionnage économique en achetant des CD-Rom contenant des données bancaires' pour débusquer les fraudeurs allemands du fisc, a ajouté Mme Eichenberger.

Dans le cadre du contre-espionnage, le SRC a voulu savoir qui avait donné l'ordre d'acheter ces données. L'agent secret a alors été engagé. 'D'après ses informations, des mandats d'arrêt ont été émis contre trois inspecteurs du fisc allemand pour soupçons d'espionnage économique'.

Contre-espionnage 'normal'

Le contre-espionnage fait partie des tâches du SRC, a ajouté Mme Eichenberger. A l'époque, tout s'est déroulé correctement dans le cadre légal. 'Si nous avions vu les choses autrement, nous serions intervenus et pour le moins tancé le SRC pour ses agissements'. Actuellement toujours, la conseillère nationale considère que le SRC a agi comme il faut.

Mme Eichenberger ne pense pas que l'arrestation de l'homme à Francfort soit en lien avec ses activités d'il y a cinq ans. 'Ce qui se passe maintenant est probablement une chose tout à fait différente', a-t-elle dit à l'ats. Jeudi, la délégation des commissions de gestion entend se faire informer en détail des raisons de l'arrestation.

Pas d'altération

De son côté, le conseiller aux Etats Joachim Eder (PLR/ZG), président de la délégation pour les relations avec le Bundestag allemand, ne pense pas que l'affaire du présumé espion suisse va gâter à long terme les relations entre les deux pays. Des politiciens allemands avaient, eux, exprimé leur mécontentement.

Certes, cette affaire est susceptible de provoquer 'une dégradation provisoire des rapports', a déclaré mercredi à l'ats M. Eder. Mais celui-ci n'envisage pas une détérioration durable, se référant aux relations traditionnellement bonnes entre les deux Etats.

Il est toutefois possible que l'affaire soit un peu 'gonflée' dans le contexte des élections prévues cette année en Allemagne dans deux Länder en mai (Schleswig-Holstein et Rhénanie-du-Nord-Westphalie) et au niveau fédéral en septembre, estime-t-il.

Liens trop intenses

Thomas Hardegger (PS/ZH), vice-président de la délégation, pense également que la situation 'va rapidement se calmer'. Les liens économiques entre les deux pays sont si intenses que 'personne n'aurait intérêt' à une dégradation, croit-il.

Côté suisse, il y aurait des raisons 'de ne pas être content des machinations allemandes', déclare M. Hardegger, faisant allusion à l'acquisition par des Länder de données bancaires de fraudeurs du fisc. Mais il pense que toute l'affaire peut être clarifiée.

Homme arrêté à Francfort

Celle-ci a éclaté avec l'arrestation vendredi dernier d'un Suisse de 54 ans à Francfort. En détention préventive, l'homme est accusé d'avoir travaillé durant plus de cinq ans pour un service de renseignements étranger.

Selon son avocat, il 'est soupçonné d'avoir investigué pour le compte du SRC sur des enquêteurs fiscaux allemands illégaux en Suisse'. Une information non confirmée par les autorités helvétiques.

L'ambassadrice de Suisse à Berlin a été reçue mardi au ministère allemand des Affaires étrangères afin de fournir des explications sur cette affaire.

/ATS
 

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