La Libye a un exécutif unifié après un vote historique en Suisse

La Libye a désormais un exécutif provisoire pour l'ensemble du pays, une première après des ...
La Libye a un exécutif unifié après un vote historique en Suisse

La Libye a un exécutif unifié après un vote historique en Suisse

Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

La Libye a désormais un exécutif provisoire pour l'ensemble du pays, une première après des années de division et de conflit. Réunis dans le canton de Vaud, les membres du format politique ont désigné vendredi Abdul Hamid Mohammed Dbeibah comme chef du gouvernement.

Devant les membres du Forum sur le dialogue politique libyen (FDPL), l'émissaire provisoire de l'ONU a mentionné un vote 'historique', salué aussi par la Suisse. 'Nous avons parié sur le fait que vous seriez capables d'aboutir à une vraie solution décidée par les Libyens. C'est ce que vous avez fait', a dit Stephanie Williams qui a appelé la communauté internationale à soutenir cet exécutif.

S'il est confirmé par la Chambre des représentants, M. Dbeibah sera Premier ministre jusqu'aux élections nationales prévues en décembre. Cet ingénieur, fondateur du mouvement Libya al-Mostakbal (la Libye de l'avenir), a présidé la Compagnie libyenne d'investissement et de développement (LIDCO) sous la dictature.

Préféré au second tour de scrutin au favori Fathi Bachagha, l'un des hommes forts de l'ouest du pays arrivé en tête du premier tour, il aura 21 jours pour présenter un gouvernement, avant une période similaire pour le faire approuver par la Chambre des représentants. Si son cabinet est rejeté, les membres du FDPL devront désigner à nouveau un Premier ministre.

Le chef du gouvernement sera le principal responsable politique. Il sera en charge d'unifier les institutions et devra s'occuper de l'économie et des finances, encore objet de pourparlers entre les parties, et réparer les infrastructures. 'Il y a beaucoup de travail', a dit à la presse Mme Williams qui ne se dit pas 'excessivement inquiète'.

Soutenu par Haftar

Avec M. Dbeibeh, un Conseil présidentiel de trois membres sera constitué de Mohammad Younes Menfi de l'est, qui le dirigera, Mossa Al-Koni du sud, ancien diplomate, et Abdullah Hussein Al-Lafi de l'ouest. 'Equilibré', selon l'émissaire.

Ce Conseil présidentiel fonctionnera comme un chef d'Etat, avec comme responsabilités notamment le commandement des forces armées, la réconciliation nationale et le retour des déplacés. Cette liste élue a été désignée face à celle de M. Bachagha et d'Aguila Saleh, président du Parlement de l'est du pays et proche de l'homme fort de cette zone Khalifa Haftar.

Après des dizaines d'années de dictature suivies d'une fragmentation entre autorités concurrentes, ces quatre personnes doivent mettre un terme à des divisions observées depuis plusieurs années. Elues par 39 voix contre 34 au total, elles se sont engagées à honorer la feuille de route approuvée en novembre par les 75 membres du FDPL.

Elles vont garantir l'état de droit et l'organisation des élections, auxquelles elles ne participeront pas, et nommer un gouvernement représentatif des trois blocs du pays et avec au moins 30% de femmes aux postes importants. 'Les attentes sont élevées', selon Mme Williams qui ajoute que les acteurs, dont Khalifa Haftar, soutiennent le processus.

Les membres du FDPL se sont réunis depuis lundi dans une salle liée à un complexe hôtelier vaudois, dont l'ONU souhaitait maintenir l'identité secrète. Pendant cinq jours, ils ont auditionné les dizaines de candidats dans des séquences vues par environ un million de Libyens.

Appel à des observateurs

Jusqu'à présent, le pays était fragmenté entre le Gournement d'union nationale (GNA) à l'ouest, soutenu surtout par la Turquie, et Khalifa Haftar, dont l'armée nationale libyenne (ANL) était appuyée notamment par la Russie. Les violences, qui se sont accentuées en 2019, ont fait des milliers de victimes civiles.

La situation est désormais calme mais quelque 20'000 mercenaires, surtout turcs et russes, restent présents. Alors qu'ils auraient déjà dû quitter le territoire conformément à l'accord de cessez-le-feu.

Les Etats-Unis ont mis la pression ces derniers jours sur Moscou et Ankara. Et jeudi, le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé à M. Guterres d'acheminer rapidement des observateurs pour surveiller l'accord. 'Nous n'allons pas aller plus vite que les Libyens' qui en discutent dans la Commission militaire conjointe, selon Mme Williams. Ceux-ci souhaitent un dispositif peu volumineux.

Outre l'accueil de la réunion du FDPL, la Suisse est elle active comme coprésidente du Groupe de travail sur le droit international humanitaire (DIH) et les droits de l'homme en Libye lancé par la communauté internationale. De nombreuses violations ont été identifiées ces dernières années, dont de possibles crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Un rapport doit être rendu dans quelques mois au Conseil des droits de l'homme à Genève.

/ATS
 

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