Le Covid au centre du Conseil des droits de l'homme à Genève

L'effet de la pandémie sur les droits de l'homme va être discuté à l'ONU à Genève. Quelques ...
Le Covid au centre du Conseil des droits de l'homme à Genève

L'effet de la pandémie sur les droits de l'homme va être discuté à l'ONU à Genève. Quelques jours après sa 43e session, le Conseil des droits de l'homme se réunit à nouveau dès mardi. Une annexion de territoires palestiniens pourrait donner lieu à un débat urgent.

Cette session sur trois semaines sera la dernière pour l'ambassadeur suisse à l'ONU à Genève Valentin Zellweger, avant son prochain mandat à Nairobi. 'Les droits de l'homme n'ont jamais été autant abordés qu'en cette période de pandémie', a-t-il dit à Keystone-ATS.

Selon lui, le Covid et la protection des droits des individus face aux limitations imposées par les gouvernements constitueront 'un thème prédominant'. Pas seulement sur le contenu, étant donné que les travaux de l'instance onusienne devront s'adapter à la distanciation physique et aux recommandations sanitaires requises pour cette première session à avoir entièrement lieu depuis le début de la crise.

Un 'nombre important' de pays étaient d'ailleurs réticents à l'organisation de cette réunion, selon l'ambassadeur. 'Je constate que ceux qui ont été très affectés par le coronavirus sont plus prudents', ajoute-t-il. Après de nombreuses discussions, un compromis aura pu être trouvé, même s'il 'n'a pas été facile' à atteindre, a affirmé à la presse la présidente du Conseil des droits de l'homme Elisabeth Tichy-Fisslberger.

Certaines délégations redoutaient que les petits pays où le Covid est très présent soient discriminés dans leurs capacités à participer. La possibilité de s'exprimer à distance 'rend plus facile' leur association et des efforts sont menés pour les aider, estime Mme Tichy-Fisslberger. Et elle relève que les dix jours de la reprise de la 43e session, qui s'est achevée mardi après trois mois de suspension en raison de la pandémie, ont été plutôt positifs sur ces questions.

Manifestants pacifiques abordés par la Suisse

Sur le contenu, la Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet devra s'exprimer devant les Etats sur les effets de la pandémie sur les droits de l'homme. Elle a déjà fait part ces derniers mois de son inquiétude, notamment sur la situation des détenus et des personnes vulnérables. La crise a montré 'de nombreux problèmes de droits de l'homme que nous avions déjà', affirme Mme Tichy-Fisslberger qui estime 'très difficile de prédire' si la pandémie constituera la thématique centrale de la session.

La Suisse abordera elle la pandémie dans une résolution qu'elle présente sur les manifestations pacifiques. La discussion portera notamment sur la contribution des nouvelles technologies à la protection des droits des participants aux protestations, mais aussi sur comment garantir le droit de manifester en temps de crise.

Berne sera aussi parmi les Etats qui défendront une résolution pour les 15 ans de la responsabilité de protéger en cas de danger massif pour les droits de l'homme. Cette question a souvent été abordée à New York sous l'approche de la sécurité.

Appel pour les 75 ans de l'ONU

'Pour une grande partie des membres du Conseil des droits de l'homme, c'est vraiment un problème de violations de droits de l’homme', fait remarquer M. Zellweger. 'C'est pourquoi nous voulons mettre l'accent sur l’application nationale de ce principe'.

Parmi les thématiques qui s'annoncent importantes, l'annexion possible de territoires en Cisjordanie sera très probablement mentionnée si elle est décrétée début juillet comme l'a prévu le gouvernement israélien. Un débat urgent ne serait alors pas exclu devant l'instance onusienne. Parmi les autres situations discutées, les Philippines, le Venezuela, la Syrie, le Burundi, le Nicaragua ou encore les Rohingyas seront abordés.

Plusieurs mandats de rapporteurs spéciaux devront être renouvelés. Une résolution pour les 75 ans de l'ONU devrait aussi réaffirmer l'indivisibilité des droits de l'homme. Première, le débat général ne sera lui pas mené, diminuant la possibilité de voir les courants qui s'affrontent sur un certain nombre de questions de droits de l'homme.

/ATS
 

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