Le pape appelle à « fuir toute tentation de vengeance »

Le pape François a prononcé son premier discours lors de sa visite en Colombie. Il a appelé ...
Le pape appelle à « fuir toute tentation de vengeance »

Le pape appelle à

Photo: Keystone

Le pape François a prononcé son premier discours lors de sa visite en Colombie. Il a appelé ce pays qui est en voie de pacification après plus d'un demi-siècle de guerre, à 'fuir toute tentation de vengeance' et à chercher la paix 'sans répit'.

Cette recherche 'est un travail toujours inachevé, une tâche sans répit et qui exige l'engagement de tous', a déclaré jeudi le pape à Bogota, devant les autorités politiques et religieuses. Arrivé la veille, il poursuivra sa visite pendant encore quatre jours.

Dans ce discours prononcé devant quelque 700 personnes rassemblées sur la place d'Armes du palais présidentiel Casa de Nariño, il a encouragé les Colombiens à s'efforcer de fuir la 'recherche d'intérêts uniquement particuliers et à court terme'.

Soulignant que la société 'n'est pas constituée uniquement par quelques 'pur-sang' mais par tous', il a affirmé que 'plus le chemin qui conduit à la paix et à l'entente est difficile, plus nous devons nous engager à reconnaître l'autre, à guérir les blessures et à construire des ponts, à serrer les liens et à nous entraider'.

Le pape argentin, qui rencontrait le président Juan Manuel Santos en privé, a souligné qu''il faut des lois justes pouvant garantir cette harmonie et aider à surmonter les conflits qui ont déchiré cette nation durant des décennies ; des lois qui ne naissent pas de l'exigence pragmatique de mettre de l'ordre dans la société, mais du désir de s'attaquer aux causes structurelles de la pauvreté qui génèrent exclusion et violence'.

'Pour tous les marginalisés'

'Dans cette perspective, je vous encourage à poser le regard sur tous ceux qui, aujourd'hui, sont exclus et marginalisés par la société, ceux qui ne comptent pas pour la majorité et qui sont repoussés et mis à l'écart', a ajouté François, 80 ans. Il s'exprimait au deuxième jour de sa première visite pontificale en Colombie, qui le mènera également à Villavicencio, Medellin et Carthagène des Indes, d'où il repartira dimanche pour Rome.

Le pape soutient le processus de paix engagé par M. Santos, qui a signé en novembre un accord de paix historique avec la puissante guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), aujourd'hui reconvertie en parti politique légal.

Par ailleurs, le premier cessez-le-feu bilatéral jamais conclu avec l'Armée de libération nationale (ELN), dernière rébellion active en pourparlers depuis février, a été conclu lundi, deux jours avant l'arrivée du pape à Bogota.

La guerre fratricide, qui déchire la Colombie depuis le début des années 1960, a au fil des décennies impliqué une trentaine de guérillas, des milices paramilitaires et les forces de l'ordre, faisant quelque 260'000 morts, plus de 60'000 disparus et au moins 7,1 millions de déplacés.

/ATS
 

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