Les démocrates US plus proches d'une procédure de destitution contre Donald Trump

Les regards étaient braqués au Congrès US sur la démocrate Nancy Pelosi. Celle-ci a entre ses ...
Les démocrates US plus proches d'une procédure de destitution contre Donald Trump

Les démocrates US plus proches d'une procédure de destitution contre Donald Trump

Photo: KEYSTONE/AP/MARY ALTAFFER

La dirigeante démocrate Nancy Pelosi devrait selon les médias américains annoncer l'ouverture d'une enquête, 1ère étape d'une procédure de destitution visant Donald Trump. Une perspective à laquelle se rallient de plus en plus d'élus outrés par l'affaire ukrainienne.

La présidente de la Chambre des représentants américaine a indiqué mardi qu'elle ferait une déclaration à 17h00 (23h00 heure suisse).

Citant des sources proches de la responsable, le Washington Post, le New York Times et la chaîne NBC affirment qu'elle va initier cette procédure potentiellement explosive concernant une conversation controversée de M. Trump avec le président ukrainien.

Le dirigeant américain a nié encore une fois mardi avoir fait pression sur l'Ukraine afin de tenter de nuire à son rival démocrate Joe Biden.

Ce dernier, ancien vice-président de Barack Obama et favori de la primaire démocrate, devrait appeler à lancer une procédure de destitution contre Donald Trump si ce dernier refuse de coopérer avec les enquêtes du Congrès, a indiqué son équipe de campagne.

Calcul politique

Le locataire de la Maison Blanche accuse les démocrates d'agiter ce spectre par pur calcul politique. 'Ils ne savent pas comment m'arrêter' avant l'élection présidentielle de 2020, a-t-il tempêté.

C'est pourtant justement un calcul électoral qui a poussé Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, à freiner pendant des mois l'aile progressiste de son parti, qui appelait déjà à ouvrir cette procédure après d'autres affaires.

La Chambre, à majorité démocrate, serait chargée d'ouvrir cette procédure de mise en accusation. Puis le Sénat, contrôlé par les républicains qui restent en majorité fidèles à M. Trump, serait chargé du 'procès'.

Les digues ont cédé

Fine stratège, Nancy Pelosi arguait que déclencher cette procédure, très impopulaire dans les sondages, alors que Donald Trump serait certainement acquitté par un Sénat républicain, pourrait coûter aux démocrates les élections en novembre 2020.

Au grand dam des progressistes, Mme Pelosi s'est donc longtemps dressée en pare-feu pour protéger les démocrates modérés de la Chambre, qui ont remporté leurs sièges dans des circonscriptions plus conservatrices et craignaient de ne pas survivre lors des prochaines élections.

Mais l'affaire ukrainienne a fait céder plusieurs digues. D'une part, les élus les plus à gauche ne se gênent plus pour interpeller directement leurs dirigeants. De l'autre, plusieurs modérés ont annoncé qu'ils étaient désormais ouverts à une procédure de destitution, à condition que les allégations soient prouvées.

Au total, plus de 150 élus sur les 235 démocrates siégeant à la chambre basse (435 parlementaires au total) sont désormais favorables à initier une procédure de destitution.

Candidats favorables

Chez les candidats à la primaire démocrate, les plus progressistes, Elizabeth Warren en tête mais aussi Bernie Sanders ou Kamala Harris, tous sénateurs, appellent depuis déjà plusieurs mois à lancer une procédure de destitution.

Le centriste Joe Biden s'en est pour l'instant tenu à l'écart, s'attachant surtout - depuis que cette complexe affaire a éclaté au grand jour la semaine dernière - à rejeter farouchement les accusations de Donald Trump contre lui.

Conversation téléphonique

Au coeur de toute l'affaire: une conversation téléphonique cet été entre les dirigeants ukrainien et américain. Un mystérieux lanceur d'alerte, membre des services de renseignement américains, a fait peu après un signalement à sa hiérarchie pour sonner l'alarme sur cet appel.

Les démocrates soupçonnent Donald Trump d'avoir tenté de pousser M. Zelensky à enquêter sur la famille Biden en utilisant notamment une aide militaire comme levier de pression. Cela constituerait un grave abus de pouvoir puisque le président aurait utilisé ses fonctions pour son bénéfice personnel.

Si Donald Trump a admis publiquement avoir mentionné Joe Biden et son fils, Hunter, qui a travaillé pour un groupe gazier ukrainien à partir de 2014, il dément fermement toute pression. Il a tweeté mardi autoriser la publication de l'appel mercredi.

/ATS
 

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