L'ONU rapproche les Syriens sans s'agiter pour un dialogue direct

Les deux délégations syriennes à Genève se sont rapprochées physiquement, à défaut de s'entendre ...
L'ONU rapproche les Syriens sans s'agiter pour un dialogue direct

L'ONU rapproche les Syriens sans s'agiter pour un dialogue direct

Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

Les deux délégations syriennes à Genève se sont rapprochées physiquement, à défaut de s'entendre sur une transition politique. Jeudi, l'émissaire de l'ONU a mentionné des points communs et n'a pas fait d'un dialogue direct, souhaité par l'opposition, une urgence.

Pendant plusieurs heures, Staffan de Mistura et son entourage ont fait la navette entre deux salles au Palais des Nations. Distantes de '5 mètres', s'est félicité devant la presse en soirée l'émissaire.

Il veut capitaliser sur ce format et sur la consolidation du processus de Genève, après le report de la conférence parallèle que Moscou veut organiser à Sotchi. 'Tous les Etats du Conseil de sécurité' ont ancré la légitimité du processus de Genève et ont même renforcé le mandat, affirme-t-il.

Symbole de cet apaisement, Etats-Unis et Russie ont tous deux annoncé jeudi le retrait d'une partie de leurs troupes après l'éradication de l'Etat islamique (EI) en Syrie. Les premiers avaient pourtant affirmé il y a deux semaines qu'ils ne quitteraient pas ce pays tant que les pourparlers n'auraient pas progressé.

Série de négociations prolongée

Cette huitième série devrait durer jusqu'au 15 décembre, même si la délégation du gouvernement a prévu de rentrer pour le week-end chez elle pour consultations.

Pour M. de Mistura, pas d'urgence à rassembler les deux parties dans la même salle. 'Le contact direct est bien. Mais ce qui est essentiel, c'est d'échanger sur le contenu', a-t-il expliqué. Lors de la précédente série en juillet dernier, il avait toutefois dit souhaiter pouvoir faire se parler la délégation du gouvernement et une opposition unifiée sans intermédiaire.

Depuis leur arrivée lundi, les opposants de la Commission syrienne pour les négociations (CSN) ont eux insisté à plusieurs reprises sur l'importance de faire pression sur le régime pour un dialogue direct. Les deux parties 'se voient déjà', notamment à Astana, mais elles ne se parlent pas, a rétorqué l'émissaire, satisfait de ce nouveau format.

En février dernier, la délégation du gouvernement emmenée par l'ambassadeur syrien à l'ONU à New York Bachar al-Jaafari et les opposants, pas encore unifiés alors, s'étaient aussi retrouvés sur une même scène à Genève. Mais ils étaient distants de plusieurs dizaines de mètres et ne s'étaient pas exprimés.

Toujours divisés sur Assad

M. de Mistura a par ailleurs refroidi l'opposition sur son appel à un accord dans les six mois. Selon lui, le contexte actuel favorable ne permet toutefois pas de telles spéculations.

Sur le fond, l'émissaire a confirmé que les discussions porteraient avant tout sur une nouvelle Constitution et des élections contrôlées par l'ONU. Les 12 principes qu'il a arrêtés n'ont pas été rendus publics. Ils sont inspirés notamment de la résolution 2254 du Conseil de sécurité qui fixait ces deux questions parmi le cadre des négociations aux côtés d'un gouvernement de transition.

Ce dernier point sera moins abordé cette fois. D'autant plus que le maintien ou non du président Bachar al-Assad reste la principale pierre d'achoppement et a failli dissuader le gouvernement de se rendre à Genève.

Les dispositions communes entre délégations 'existent', estime encore l'émissaire. Elles pourraient 'guider un projet de Constitution et oeuvrer comme point d'entrée pour d'authentiques discussions de réconciliation'.

Des milliers de déplacés chaque jour

Sur le terrain, le cessez-le-feu de 48 heures en Ghouta orientale a permis mardi l'entrée d'un convoi d'aide pour 7000 personnes qui avait dû rebrousser chemin la veille, a affirmé le co-président du groupe de travail sur les questions humanitaires Jan Egeland. Mais la 'situation est catastrophique' dans cette région où seules 68'000 des 400'000 personnes assiégées ont pu être atteintes depuis deux mois.

Une liste de 500 évacuations médicales prioritaires a été donnée, mais aucune n'a eu lieu, a aussi répété M. Egeland. Neuf de ces personnes sont décédées.

Depuis janvier, 7000 personnes ont été déplacées chaque jour en Syrie - un chiffre en augmentation - et parfois dans des zones dangereuses. Alors que seules 2500 sont rentrées dans ce pays. En près de sept ans de conflit, les violences ont fait au total plus de 340'000 victimes.

/ATS
 

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