Les inondations font plus de 150 morts

Au moins 157 personnes ont péri et des dizaines d'autres sont portées disparues dans les inondations ...
Les inondations font plus de 150 morts

Au moins 120 morts dans les inondations en Indonésie et au Timor oriental

Photo: KEYSTONE/EPA/BASARNAS HANDOUT HANDOUT

Les secouristes continuaient mardi de rechercher des dizaines de disparus dans des inondations et glissements de terrain générés par le cyclone Seroja. Celui-ci a fait au moins 120 morts et des milliers de sans-abris en Indonésie et au Timor oriental.

Les pluies diluviennes ont transformé en champs de boue des villages des deux pays, et obligé 10'000 personnes à se réfugier dans des abris d'urgence.

Le centre indonésien de gestion des catastrophes a fait état de 86 morts dans de petites îles proches du Timor oriental, ramenant à la baisse un bilan précédent qui était de 130 morts, une erreur attribuée à des problèmes de communication avec les régions touchées.

Au Timor oriental, on a recensé 34 personnes décédées depuis depuis le passage du typhon dimanche.

Plus de 100 disparus en Indonésie

En Indonésie, les sauveteurs luttaient pour tenter de retrouver plus de 100 personnes portées disparues, utilisant parfois des pelleteuses pour retirer les débris accumulés.

A Lembata, une île située à mi-distance entre Florès et le Timor, les accès routiers ont été coupés, ce qui a obligé les autorités à déployer des machines de chantier pour rouvrir les routes. Certains villages situés sur des hauteurs ont en partie été emportés vers le littoral dans des glissements de terrain.

'Aller vivre ailleurs'

'Cette zone ne pourra plus jamais être habitée', a déclaré Eliyaser Yentji Sunur, un responsable du district de Lembata, en désignant le village de Waimatan qui a été rayé de la carte. 'Nous ne laisserons pas les gens revenir. Avec ou sans leur accord, ils devront aller vivre ailleurs.'

Onesimus Sili, un habitant du village, a raconté que la crue soudaine avait détruit le hameau dans la nuit de samedi à dimanche avant même que les gens n'aient le temps de réaliser ce qui se passait.

Crainte des regroupements

Dans les deux pays, les autorités redoutent de favoriser l'épidémie de Covid-19 en regroupant les personnes évacuées. Le Timor oriental a officiellement enregistré mardi son premier décès dû à la pandémie, une femme de 44 ans.

Petit pays de 1,3 million d'habitants coincé entre l'Indonésie et l'Australie, le Timor oriental avait très vite fermé ses frontières l'année dernière au début de l'épidémie pour tenter de protéger sa population, et son système de santé particulièrement sous-équipé.

Des images du secteur de Florès oriental avaient montré des sauveteurs retirant des corps couverts de boue avant de les placer dans des sacs mortuaires. A Lembata aussi, les secouristes se mobilisaient avec de maigres ressources.

'Ces évacués ont pris la fuite ici avec seulement des vêtements mouillés sur le dos, et rien d'autre', a déclaré le maire adjoint de la zone Thomas Ola Longaday. 'Ils ont besoin de couvertures, d'oreillers, de matelas et de tentes'.

Personnel médical insuffisant

Les autorités redoutent déjà que les installations de santé sommaires de la zone ne soient totalement dépassées. 'Nous n'avons pas suffisamment d'anesthésistes et de chirurgiens, mais on nous a promis que des renforts viendraient', a dit M. Longaday.

La tempête progresse désormais en direction de la côte ouest de l'Australie. Mais l'Indonésie 'risque encore de voir une météo extrême dans les jours qui viennent' en raison du cyclone, a déclaré le porte-parole de l'agence indonésienne de gestion des catastrophes Raditya Jati.

Déforestation pointée du doigt

Les glissements de terrain et les crues subites sont courants dans l'archipel indonésien, notamment à la saison des pluies. Mais les défenseurs de l'environnement soulignent que la déforestation favorise ces catastrophes.

En janvier, 40 Indonésiens avaient trouvé la mort lors d'inondations qui ont touché la ville de Sumedang, dans l'ouest de Java.

L'agence nationale de gestion des catastrophes estime que 125 millions d'Indonésiens, soit environ la moitié de la population de l'archipel, vivent dans des régions à risque de glissements de terrain.

/ATS