Maduro dissuadé par Moscou de fuir à Cuba, affirme Washington

Le président vénézuélien Nicolás Maduro était prêt à s'envoler mardi matin pour se réfugier ...
Maduro dissuadé par Moscou de fuir à Cuba, affirme Washington

Caracas sous tension après l'échec du soulèvement militaire

Photo: KEYSTONE/AP/ARIANA CUBILLOS

De nouveaux heurts opposaient mercredi des partisans de l'opposant Juan Guaido et les forces de l'ordre à Caracas. Ces affrontements survenaient un jour après la tentative de soulèvement ratée d'un groupe de militaires contre le président Nicolas Maduro.

En début d'après-midi, des manifestants tentaient de bloquer une autoroute qui longe la base militaire aérienne de La Carlota, d'où Juan Guaido avait assuré mardi avoir le soutien d'un groupe de soldats. Ils lançaient des pierres en direction des forces de l'ordre, qui répondaient par des tirs de gaz lacrymogène.

Signe de l'inquiétude de la communauté internationale, l'ONU a mis en garde les autorités vénézuéliennes contre un usage 'excessif de la force' contre les manifestants.

Pour ce 1er mai, dont le chef de file de l'opposition entend faire la 'plus grande manifestation de l'histoire du Venezuela', ils étaient plusieurs milliers à la mi-journée à agiter des drapeaux et crier leur rejet du président Maduro en une quinzaine de points de rassemblement à travers la capitale.

Dans les rues ensoleillées de Caracas, des carcasses de véhicules calcinés, signe des tensions de la veille, étaient encore visibles.

Intervention militaire 'possible'

A Washington, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a prévenu mercredi qu''une intervention militaire (était) possible. Si c'est nécessaire, c'est ce que feront les Etats-Unis'. Lors d'un entretien téléphonique mercredi avec son homologue russe Serguei Lavrov, Mike Pompeo a accusé Moscou de 'déstabiliser' le Venezuela, et de nouveau demandé à la Russie de cesser de soutenir le président socialiste Nicolas Maduro.

Lavrov a rétorqué que 'l'ingérence de Washington dans les affaires du Venezuela est une violation flagrante du droit international' et que 'cette influence destructrice n'a rien à voir avec la démocratie'.

Dans le centre de Caracas, aux abords du palais présidentiel de Miraflores, le pouvoir a donné rendez-vous à ses sympathisants pour le traditionnel défilé du 1er mai, qui, cette année, prend une connotation particulière.

Violentes oppositions mardi

Mardi, des milliers de manifestants se sont violemment opposés aux forces de l'ordre dans les rues de Caracas en soutien à un groupe de militaires qui avait rallié M. Guaido à l'aube. Au moins une personne a été tuée et près d'une centaine blessées, dont deux par balles.

La tentative de soulèvement s'est dégonflée au fur et à mesure que les principaux chefs militaires réaffirmaient leur soutien au socialiste Nicolas Maduro. En fin de journée mardi, un groupe d'insurgés a demandé l'asile à l'ambassade du Brésil. Une des figures de l'opposition, Leopoldo Lopez, qui était assigné à résidence depuis 2017, est apparu aux côtés de M. Guaido et des militaires insurgés avant de se réfugier dans l'ambassade du Chili, puis celle d'Espagne.

Depuis le 23 janvier, le Venezuela, confronté à la plus grave crise de son histoire avec une économie au ralenti, une monnaie naufragée et des pénuries, compte de fait deux 'présidents'.

Sévères sanctions

Dénonçant également l''usage de la force', les pays latino-américains et européens du Groupe de contact international (GCI) sur le Venezuela ont réaffirmé mercredi leur soutien à une solution 'politique, pacifique, démocratique et conduite par les Vénézuéliens à la crise'. Quelque 2,7 millions de Vénézuéliens ont fui le pays depuis 2015, face aux pénuries de biens de première nécessité et de médicaments, selon les chiffres de l'ONU.

Le Trésor américain a infligé une série de sévères sanctions financières au régime de Nicolas Maduro, qualifié d''illégitime'. Dernières en date: l'embargo américain sur le pétrole vénézuélien entré en vigueur dimanche.

A Cuba, allié du pouvoir chaviste à Caracas, le défilé du 1er mai a été placé mercredi sous le double signe du soutien au Venezuela du président Maduro et de l'opposition au président américain Donald Trump qui a menacé l'île d'un embargo 'total'.

/ATS
 

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