Maduro ferme sur ses positions, l'ultimatum d'Européens expire

Le chef de l'Etat vénézuélien Nicolas Maduro a de nouveau proposé des législatives anticipées ...
Maduro ferme sur ses positions, l'ultimatum d'Européens expire

Pressions européennes sur Maduro, ferme sur ses positions

Photo: KEYSTONE/EPA EFE/MIGUEL GUTIERREZ

Paris a qualifié de 'farce' la proposition du président vénézuélien Nicolas Maduro d'organiser des législatives anticipées en réponse à la pression de l'opposition. Cela au dernier jour de l'ultimatum lancé par sept pays de l'UE pour convoquer un scrutin présidentiel.

L'Autriche a rejoint dimanche six autres pays européens (Allemagne, Espagne, France, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni), qui avaient donné à Nicolas Maduro huit jours pour convoquer une nouvelle élection présidentielle, faute de quoi ils reconnaîtraient son opposant Juan Guaido comme président.

La ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau a rappelé que l'ultimatum se terminait dimanche soir. 'Si, d'ici là, M. Maduro ne s'engage pas à organiser des élections présidentielles, nous considérerons que M. Guaido est légitime pour les organiser à sa place', a-t-elle poursuivi.

'Ce que répond jusqu'à présent M. Maduro, c'est 'je vais organiser des élections législatives', sous-entendu 'je veux me débarrasser du président du Parlement, M. Guaido' qui est justement soutenu par les manifestants. Cette réponse est une farce, une farce tragique'.

Jeudi, le Parlement européen a reconnu l'autorité de M. Guaido et a appelé l'ensemble des pays de l'Union européenne (UE) de faire de même. Les Etats-Unis, le Canada et de nombreux pays d'Amérique latine, dont la Colombie et le Brésil, ont déjà reconnu Juan Guaido.

Intervention de Washington pas exclue

Donald Trump a réaffirmé dimanche que le recours à l'armée américaine au Venezuela était 'une option'. Mais il a refusé de préciser ce qui pourrait le pousser à y recourir, dans un entretien avec la chaîne américaine CBS.

Soutenu par la Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Turquie ou encore Cuba, Nicolas Maduro, 56 ans, rejette l'ultimatum européen et accuse les Etats-Unis d'orchestrer un coup d'Etat.

Réapparu en public pour la première fois depuis six mois, il a rassemblé samedi des milliers de ses partisans à Caracas. Ignorant la demande des Européens, il a relancé l'idée d'élections législatives anticipées dans le courant de l'année, pour remplacer un Parlement où l'opposition est majoritaire et qui a été dépouillé de l'essentiel de ses pouvoirs au profit d'une Assemblée constituante acquise à Nicolas Maduro.

Groupe de contact

Un groupe de contact international constitué par l'UE pour favoriser l'organisation d'élections présidentielles 'libres, transparentes et crédibles' doit se réunir le 7 février à Montevideo, ont annoncé dimanche la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini et le président uruguayen Tabare Vazquez.

L'UE et huit de ses États membres (Allemagne, Espagne, France, Italie, Portugal, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède) en font partie, ainsi que la Bolivie, le Costa Rica, l'Équateur et l'Uruguay pour les pays d'Amérique latine.

Ne pas relâcher la pression

Devant la représentation de l'UE à Caracas, où il a rassemblé samedi ses partisans, Juan Guaido a appelé ses partisans à ne pas relâcher la pression, lors d'une nouvelle manifestation le 12 février. Il a également annoncé l'arrivée d'une aide humanitaire pour le pays.

Des centres de collecte doivent être implantés de l'autre côté de la frontière, en Colombie et au Brésil, et sur une 'île des Caraïbes', selon lui. Les Etats-Unis ont indiqué qu'ils transporteraient cette aide à la demande du chef de l'opposition.

'Pas un pays de mendiants'

'Nous n'avons pas été et ne serons pas un pays de mendiants', a rétorqué Nicolas Maduro.

Etat pétrolier, autrefois pays le plus riche d'Amérique latine, le Venezuela a sombré économiquement. Depuis 2015, quelque 2,3 millions de Vénézuéliens ont quitté le pays, pour une population de 31 millions d'habitants.

Nicolas Maduro a annoncé devant ses partisans une augmentation du nombre de soldats, en appelant les miliciens, un corps composé de civils, à rejoindre l'armée pour faire face à ce qu'il a qualifié de 'plan macabre' des Etats-Unis.

L'armée est un pilier de son régime. Jusqu'ici seuls l'attaché de défense aux Etats-Unis et un général de l'armée de l'Air ont fait allégeance à Juan Guaido.

/ATS
 

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