La Russie prépare une opération complexe et coordonnée d'ingérence 'sans précédent' pour faire basculer dans son camp la Moldavie pro-européenne lors des élections de septembre, a accusé sa présidente Maia Sandu. Elle a aussi pointé le rôle de Telegram.
Moscou veut 'contrôler' ce pays frontalier de l'Union européenne (UE) et de l'Ukraine 'dès l'automne' grâce à des mécanismes d'achat de vote et de financements avec des 'cryptomonnaies', '100 millions d'euros' étant prévus à cet effet, selon la présidente.
La cheffe de l'Etat, qui l'avait emporté l'année dernière et avait déjà dénoncé une 'guerre hybride' du Kremlin, a détaillé les projets mis en place.
Elle a notamment évoqué des campagnes de manipulation de l'information, l'organisation de manifestations 'violentes' rémunérées, des cyberattaques ou l'instrumentalisation des structures religieuses traditionnelles.
Oligarque prorusse et 'courant souverainiste'
Maia Sandu a accusé les deux principales forces de l'opposition de profiter de ce plan pour la priver d'une majorité au Parlement qui rapprocherait l'ex-république soviétique d'une intégration à l'UE.
La première de ces familles politiques est menée par le 'groupe criminel' de l'oligarque prorusse Ilan Shor et la seconde par un 'soi-disant courant souverainiste' qui serait assujetti, selon elle, au président russe Vladimir Poutine.
Faire douter 'l'électorat pro-européen'
Enfin, un dernier élément de cette stratégie consisterait à faire douter 'l'électorat modéré pro-européen' en saturant la campagne avec des candidats faussement 'neutres', tout en falsifiant les résultats de la diaspora acquise à Mme Sandu.
'Tous ces projets sont coordonnés depuis le même point de commandement' à Moscou, a-t-elle assuré.
Telegram ne réagit pas
La présidente moldave, qui soutient l'Ukraine voisine depuis l'invasion russe, a reproché à Telegram, le principal réseau social utilisé contre elle, de ne donner 'aucune réponse' à ses signalements.
Son gouvernement a aussi observé la création de milliers de comptes pour amplifier des messages anti-UE et antigouvernementaux sur Instagram, Facebook et TikTok.
En réponse, 'les institutions doivent coopérer beaucoup plus étroitement pour échanger des données afin d'identifier les tentatives de contourner la loi', a précisé Mme Sandu.
'La police agit fermement et 25'000 amendes ont déjà été infligées' aux acteurs de ce sabotage, a-t-elle dit.
Parti de Sandu donné en tête
Le parti Action et Solidarité (PAS) de Maia Sandu est donné largement en tête des intentions de vote (39%) par le dernier sondage datant de la mi-juillet.
Toutefois, 30% des citoyens se déclarent encore indécis. Selon une autre enquête, seul un quart des Moldaves pense que les élections seront équitables.
/ATS









