Møller: la Suisse importante pour l'ONU « dans un monde fragmenté »

La 'prise de conscience' des Suisses pour l'intérêt à être membre de l'ONU s'est 'renforcée' ...
Møller: la Suisse importante pour l'ONU « dans un monde fragmenté »

Møller: la Suisse importante pour l'ONU

Photo: Keystone

La 'prise de conscience' des Suisses pour l'intérêt à être membre de l'ONU s'est 'renforcée', estime le directeur général d'ONUGenève Michael Møller à l'ouverture de la session du Conseil des droits de l'Homme lundi. Il vante le rôle joué par la Suisse.

Avec les synergies grandissantes entre la Suisse et l'ONU, 'la prise de conscience des Suisses s'est renforcée', estime-t-il dans un entretien à l'ats. M. Møller s'exprime à l'occasion des 15 ans de l'adhésion suisse célébrés dimanche et revient sur le résultat notamment de l'extension et de l'appréciation de la présence suisse dans le système des Nations Unies.

'La Suisse boxe au-dessus de sa catégorie', affirme M. Møller. Son impact est bien supérieur à sa taille. Le directeur général souligne notamment l'activité suisse sur les droits de l'homme au développement durable en passant par l'humanitaire, la santé ou une expertise de médiation 'reconnue dans le monde entier'. 'Il n'y a pas un pays-hôte sur cette planète qui fasse autant que la Suisse pour les Nations Unies', selon lui.

Dans le monde actuel, 'on a toujours besoin de quelqu'un de neutre' pour établir des consensus, ajoute le Danois, à la tête du siège européen de l'ONU depuis fin 2013. Cette contribution pourrait aussi s'étendre au Conseil de sécurité si la Suisse obtient un siège non permanent pour 2023-2024 dans l'organe exécutif de l'ONU.

Prêt à 400 millions de francs

Elle 'pourrait présenter des propositions qui ne seraient pas vues de manière suspicieuse', selon le directeur général. Et pousser vers une restructuration du Conseil qui intègre davantage des éléments économiques, culturels et sociaux plutôt qu'une résolution uniquement militaire des questions de sécurité.

Berne a tenté en vain d'amorcer une réforme en oeuvrant pour un aménagement du droit de veto en cas de crise majeure ou de génocide. 'Le débat est stérile depuis 25 ans sur cette question. C'est lié au fait que les pays membres tentent de réformer le Conseil en le maintenant dans le cadre d'il y a 70 ans', ajoute M. Møller. 'Cela ne fonctionne plus', admet-il.

A Genève aussi, l'ONU va devoir s'adapter, notamment aux défis technologiques. Après avoir contribué à lancer le Conseil des droits de l'homme, la Suisse a garanti un prêt de 439 millions de francs, dont 400 millions pour la rénovation du Palais des Nations d'ici 2023.

Demande aux autorités

Par ailleurs, 'la Genève internationale fait partie intégrante de l'identité de la Suisse' et les deux se nourrissent mutuellement. Et son importance pour le monde va encore augmenter, ajoute celui qui a été récompensé à plusieurs reprises pour son engagement pour renforcer la visibilité de l'écosystème genevois.

A condition que les autorités du canton et de la ville fassent les investissements adaptés dans les infrastructures pour absorber l'augmentation régulière des internationaux. 'Elles en sont conscientes', estime le Danois. S'il reconnaît que la délocalisation d'unités administratives de certaines agences onusiennes devrait se poursuivre, il ajoute que cela permettra d'étendre l'impact de Genève sur le contenu des discussions.

L'épisode récent des coupes salariales des fonctionnaires internationaux à Genève, décidé par une Commission à New York, ne devrait pas entamer l'attractivité du siège genevois. La baisse a été revue après des calculs contestés sur le coût de la vie à Genève. Des diminutions que les chefs d'agences ou d'institutions onusiennes avaient contestées, de même que M. Møller.

Près de 10'000 personnes

Lui-même se sent bien dans un pays où il vit pour la quatrième fois. En revanche, il déplore une tendance actuellement ressentie en Suisse à la fermeture par rapport à l'étranger et un retrait dans certains secteurs en terme de la participation à la solidarité internationale.

M. Møller constate cette nouvelle réalité 'un peu partout', y compris dans son pays. Une défiance attribuée à la conjoncture et à une certaine 'dégradation' du discours des responsables politiques dans le monde, selon lui.

Quant à son futur comme directeur général, l'homme de 64 ans n'a pas de réponse. 'Il faut que vous demandiez au secrétaire général', souligne-t-il. Au total, ONUGenève emploie près de 1600 fonctionnaires internationaux de plus de 110 nationalités. En 2016, près de 10'000 personnes ont travaillé dans les organismes des Nations Unies à Genève.

/ATS
 

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