Cessez-le-feu annoncé en Syrie pour cette nuit

Un cessez-le-feu entrera en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi (23h00 suisses) dans toute ...
Cessez-le-feu annoncé en Syrie pour cette nuit

Cessez-le-feu annoncé en Syrie pour cette nuit

Photo: Keystone

Un cessez-le-feu entrera en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi (23h00 suisses) dans toute la Syrie, ont annoncé la Russie, la Turquie, le régime de Damas et l'opposition. Des pourparlers de paix devraient en outre être entamés en janvier.

Les modalités ont été acceptées par l'administration du président syrien Bachar al-Assad et par l'opposition, a déclaré à Moscou Vladimir Poutine. Le président russe s'exprimait aux côtés de Sergueï Lavrov et de Sergueï Choïgou, ministres des Affaires étrangères et de la Défense.

Trois documents ouvrant la voie à une résolution du conflit ont, selon lui, été signés ce jeudi. A savoir un accord de cessez-le-feu entre le gouvernement syrien et l'opposition, des mesures pour veiller à ce que ce cessez-le-feu soit respecté et une déclaration en faveur de l'ouverture de négociations de paix.

'Avec cet accord, les parties ont accepté de cesser toutes les attaques armées, y compris aériennes, et ont promis de ne pas étendre les zones qu'elles contrôlent en se les disputant', a dit de son côté le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu. Il a précisé que la Turquie et la Russie seraient les garants de la trêve.

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura a salué cet accord et exprimé l'espoir qu'il permettra d'apporter de l'aide humanitaire aux civils. 'Ces développements doivent contribuer à l'ouverture le 8 février (à Genève, ndlr) de négociations intersyriennes ouvertes et productives sous l'égide de l'ONU', a-t-il ajouté.

'Accords fragiles'

'Les accords conclus sont évidemment fragiles. Ils nécessitent une attention particulière (...), mais il s'agit d'un résultat remarquable pour nos efforts conjoints', s'est félicité Vladimir Poutine. Il a ajouté que Moscou avait accepté de réduire sa présence militaire en Syrie.

Selon l'armée syrienne, le cessez-le-feu ne concerne ni les djihadistes de l'organisation Etat islamique (EI), ni le Front al-Nosra, ni les groupes qui leur sont liés. Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ont confirmé que l'accord ne s'appliquerait pas aux 'groupes terroristes'.

Parmi les mouvements rebelles signataires du texte figurent en revanche les influents mouvements islamistes Ahrar al-Cham, Djaïch al-Islam et Djabha Chamiya, a précisé le ministère russe de la Défense. L'Alliance syrienne libre, qui rassemble différentes composantes de l'opposition, a par ailleurs promis de respecter l'accord par la voix de son porte-parole Ossama Abou Zaïd.

Désaccords entre parrains

Les positions diamétralement opposées de la Turquie et de la Russie seront toutefois difficiles à concilier. Moscou, dont l'implication militaire dès septembre 2015 a fait basculer le rapport de force en faveur de Damas, soutient fermement le président Bachar al-Assad, alors qu'Ankara, favorable à l'opposition, exige son départ.

Le gouvernement turc réclame en outre le retrait de toutes les forces étrangères, dont le Hezbollah libanais, engagé au côté de Damas. Un tel retrait pourrait poser problème à l'Iran.

Au-delà des désaccords entre les parrains du processus, des obstacles plus immédiats devront être surmontés. La Russie exige que le cessez-le-feu ne s'applique pas à la Ghouta orientale, un bastion rebelle de la banlieue de Damas, ce que refusent les insurgés d'Ahrar al-Cham.

Les miliciens kurdes, qui combattent l'EI avec l'appui de Washington, n'ont par ailleurs pas été associés aux discussions russo-turco-iraniennes.

Conférence de paix à Astana

Sergueï Lavrov a de son côté affirmé qu'une conférence de paix était en préparation à Astana, au Kazakhstan, et que l'Egypte avait été invitée à s'associer au processus. Les Etats-Unis, a-t-il ajouté, pourront s'y joindre aussi une fois que le président élu Donald Trump aura pris ses fonctions le 20 janvier.

La réunion d'Astana n'est pas 'une alternative à Genève', selon le ministre turc Mevlüt Cavusoglu. 'C'est une étape complémentaire'.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus