Nouveau record pour les émissions de gaz à effet de serre

Les émissions de gaz à effet de serre dans le monde ont battu un record en 2015. Ce seuil continue ...
Nouveau record pour les émissions de gaz à effet de serre

Nouveau record pour les émissions de gaz à effet de serre

Photo: Keystone

Les émissions de gaz à effet de serre dans le monde ont battu un record en 2015. Ce seuil continue d'augmenter en 2016. Pour la première fois, 400 parties par million (ppm) de CO2 ont été constatées en moyenne sur toute une année.

'Nous allons dans la mauvaise direction', a indiqué devant la presse à Genève le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) Petteri Taalas. Les niveaux avaient déjà atteint la barre des 400 ppm sur plusieurs mois et sur certains sites, mais jamais en moyenne sur toute une année.

Elle 'était considérée comme la limite cruciale' pour les concentrations de C02, selon M. Taalas. Ces niveaux devraient rester au-dessus de ce taux pour 2016 et 'pour de nombreuses générations'.

Si les émissions ne sont pas réduites, les concentrations de CO2 vont continuer à progresser de 2 ppm par an en moyenne comme sur les 10 dernières années, a précisé une autre responsable de l'OMM. Ou même peut-être davantage si l'utilisation des énergies non renouvelables ne baisse pas de manière importante.

Augmentation liée à El Niño

Le recours uniquement aux énergies renouvelables semble 'impossible', mais tout dépend de l''attitude humaine', a estimé la responsable. Plus de 90% des émissions sont liées aux énergies non renouvelables et 10% à la déforestation.

Par rapport à l'ère préindustrielle, dont le niveau de ppm ne pourra pas être atteint à nouveau avant des dizaines de milliers d'années, les concentrations de C02 ont augmenté de plus de 40%.

Celles de méthane ont progressé de près de 160% et sont à nouveau en hausse depuis une dizaine d'années. Celles du protoxyde d'azote (N2O) d'origine industrielle, agricole et domestique se sont étendues de plus de 120% et augmentent 'de manière continue'.

Pour 2016, El Niño a contribué avec des sécheresses dans les régions tropicales. Les plus fortes augmentations de CO2 sont observées pendant les années où ce courant chaud est constaté. La hausse en 2017 devrait être moins importante.

La capacité d'absorption de CO2 par les forêts, la végétation et les océans a par ailleurs été diminuée. Forêts et océans absorbent environ la moitié du CO2 mais pourraient ne pas en absorber davantage. La fraction de dioxyde de carbone qui reste dans l'atmosphère serait alors augmentée.

Demande lancée aux Etats

Sur les 25 dernières années jusqu'en 2015, l'effet du réchauffement sur le climat s'est étendu de plus de 35%. Deux tiers sont dus au C02 et moins de 20% au méthane.

El Niño 'a disparu. Le changement climatique non', ajoute M. Taalas. 'Sans lutter contre le C02, nous ne pouvons pas lutter contre le changement climatique', a-t-il expliqué. Autre problème, une réduction des émissions de gaz à effet de serre actuellement ne diminuerait pas le nombre de désastres climatiques avant 2060.

L'accord conclu récemment pour éliminer les hydrofluorocarbures constitue une avancée 'mais ne résoudra pas le problème', explique M. Taalas. Pour limiter le réchauffement à 1,5° comme le souhaite l'accord sur le climat, il faudra une action sur le C02.

Avant la prochaine Conférence sur le climat (COP22), qui aura lieu du 7 au 18 novembre à Marrakech, M. Taalas appelle à 'mettre la pression sur les Etats' pour passer de la volonté politique à l'action concrète.

/ATS


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