Obama met fin au régime spécial d'immigration pour les Cubains

C'est la fin d'un vieux serpent de mer entre Washington et La Havane. Barack Obama a annoncé ...
Obama met fin au régime spécial d'immigration pour les Cubains

Obama met fin au régime spécial d'immigration pour les Cubains

Photo: Keystone

C'est la fin d'un vieux serpent de mer entre Washington et La Havane. Barack Obama a annoncé jeudi, avec effet immédiat, la fin du régime spécial d'immigration pour les Cubains qui débarquent sur le territoire américain. Cuba a immédiatement salué un 'pas important'.

Deux ans après le début du rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba, l'abrogation de ce régime spécial répond à une demande de longue date du régime cubain qui y voyait depuis des décennies une incitation à l'exil de ses ressortissants.

Cette décision, prise à huit jours du départ du président américain de la Maison Blanche, est également un moyen pour le président démocrate de cimenter un peu plus un rapprochement sur lequel son successeur républicain Donald Trump s'est montré réservé.

'Aujourd'hui, les Etats-Unis franchissent des étapes importantes pour normaliser les relations avec Cuba en mettant fin à la politique connue sous le nom de 'pied sec, pied mouillé' (wet foot, dry foot)', a indiqué Barack Obama dans un communiqué.

Cette démarche signifie que 'nous traitons désormais les immigrants cubains de la même façon que les immigrants d'autres pays', a-t-il ajouté. Désormais, les Cubains qui tenteront d'entrer illégalement aux Etats-Unis et ne répondront pas aux critères d'assistance humanitaire 'seront expulsés', a explicité la Maison Blanche.

'Etape importante'

Cette mesure a été qualifiée d'étape 'importante' par le gouvernement cubain.

'Au terme de près d'un an de négociations, cet engagement doit contribuer à la normalisation des relations migratoires, marquées depuis la victoire de la révolution (castriste en 1959) par l'application de politiques agressives par les administrations américaines successives, qui ont encouragé la violence, la migration clandestine et le trafic de personnes, provoquant de nombreuses morts d'innocents', a répondu La Havane dans un communiqué.

Les autorités cubaines se sont engagées à accepter le retour de Cubains expulsés du territoire américain de la même manière qu'elles le faisaient jusqu'ici pour les personnes interceptées en mer.

Depuis la 'Loi d'ajustement cubain' entrée en vigueur en 1966 en pleine Guerre froide, les émigrants cubains se voyaient offrir des facilités d'installation aux Etats-Unis avec la possibilité d'obtenir une résidence permanente au bout d'une année.

La Havane, qui s'est également engagé à 'ajuster sa politique migratoire' après cet accord, a aussi jugé jeudi qu'il était 'nécessaire' que le Congrès américain 'abroge la loi de 1966'.

En toute discrétion

La Maison Blanche a justifié cette annonce surprise par la nécessité de la discrétion. 'Les discussions étaient délicates. Nous ne voulions pas provoquer un exode massif depuis Cuba', a expliqué Jeh Johnson, ministre de la sécurité intérieure américaine, lors d'une conférence téléphonique.

Après l'exode massif de la 'crise des balseros' (de 'balsas', les embarcations de fortune servant à prendre la mer) en 1994, les deux pays avaient conclu un accord migratoire prévoyant la délivrance par les Etats-Unis de 20'000 visas par an et le rapatriement à Cuba des immigrants illégaux interceptés en mer.

La combinaison de cet accord et de la loi migratoire a débouché sur la politique connue sous le nom de 'pied sec, pied mouillé', selon laquelle les autorités américaines acceptaient les immigrants qui touchaient terre et renvoyaient à Cuba ceux récupérés en mer.

Trump veut des contreparties

Fin novembre, Donald Trump avait menacé sur un tweet de mettre fin au dégel entre Cuba et les Etats-Unis si La Havane n'offrait pas plus de contreparties sur les droits humains ou sur l'économie.

Le président élu a par ailleurs qualifié Fidel Castro, décédé le 25 novembre dernier à 90 ans, de 'dictateur brutal qui a opprimé son peuple pendant près de six décennies'. Des propos qui tranchaient alors avec ceux de Barack Obama qui avait qualifié Fidel Castro de 'figure singulière' dont 'l'Histoire jugera de l'impact énorme'.

/ATS


Actualisé le