Pékin voudrait remplacer la cheffe de l'exécutif de Hong Kong

La Chine prévoit de remplacer la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam, rapporte mercredi ...
Pékin voudrait remplacer la cheffe de l'exécutif de Hong Kong

Pékin voudrait remplacer la cheffe de l'exécutif de Hong Kong

Photo: KEYSTONE/AP/MARK SCHIEFELBEIN

La Chine prévoit de remplacer la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam, rapporte mercredi le journal Financial Times. Celle-ci est en difficulté après quatre mois de manifestations de plus en plus violentes dans le territoire autonome.

En poste depuis mi-2017, Mme Lam cristallise la colère des protestataires, dont la plupart réclament sa démission de la tête de Hong Kong, ex-colonie britannique rendue à la Chine en 1997. Pékin offre jusqu'ici un soutien total à la dirigeante et dénonce les violences commises par les manifestants, qui exigent depuis juin davantage d'autonomie et de libertés civiles face à la mainmise jugée grandissante du gouvernement central.

Mais selon le Financial Times, qui cite des personnes informées des délibérations en cours, les autorités centrales élaboreraient un plan pour la remplacer par un chef de l'exécutif 'par intérim'.

Ces sources ont cependant déclaré au quotidien britannique que tout dépendait de la situation sur le terrain. Un retour à l'ordre serait un préalable à tout remplacement de Carrie Lam, afin de ne pas donner l'impression de céder aux violences.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a fermement démenti mercredi les informations du Financial Times, dénonçant 'une rumeur politique aux arrière-pensées malveillantes'. 'Le gouvernement central continuera d'offrir son ferme soutien à la cheffe de l'exécutif Carrie Lam et à son gouvernement (...) afin de mettre fin aux violences, aux émeutes et de rétablir l'ordre le plus rapidement possible', indiqué lors d'un point presse régulier Hua Chunying, une porte-parole de la diplomatie chinoise.

De son côté, le bureau de Mme Lam à Hong Kong a indiqué ne pas vouloir commenter des rumeurs.

Peu de soutien

Après l'interdiction par les autorités, début octobre, du port du masque au cours des manifestations, Hong Kong a connu une flambée de violences, avec de nombreux actes de vandalisme.

Si le président chinois Xi Jinping valide le départ de Carrie Lam, son successeur à la tête de l'exécutif hongkongais devrait prendre ses fonctions en mars, affirme le Financial Times.

Dans un enregistrement audio dont le contenu a fuité en septembre, M. Lam avait déclaré qu'elle démissionnerait si elle en avait le 'choix'. Elle avait ensuite démenti vouloir quitter son poste.

Désignée par un comité acquis à Pékin pour diriger Hong Kong, Carrie Lam concentre la frustration des protestataires et ne bénéficie plus que d'un taux de soutien d'environ 22% selon un récent sondage.

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Par ailleurs, l'homme accusé de meurtre, dont le projet d'extradition vers Taïwan avait déclenché le vaste mouvement de protestation qui secoue Hong Kong depuis près de cinq mois, a été remis en liberté mercredi à Hong Kong où il devrait désormais rester.

La crise à Hong Kong était née de la contestation populaire d'un projet de loi, depuis suspendu, permettant les extraditions vers la Chine. Le pouvoir exécutif hongkongais avait décidé de soumettre ce texte après le meurtre d'une jeune femme par son petit ami hongkongais Chan Tong-kai, en 2018 à Taïwan, où ils passaient des vacances.

M. Chan avait fui et était rentré à Hong Kong d'où il ne pouvait pas être extradé, faute de traité d'extradition entre l'ex-colonie britannique et Taïwan, que la République populaire de Chine considère comme une de ses provinces. Le meurtrier présumé, qui a purgé une peine 18 mois d'emprisonnement pour avoir volé des biens appartenant à sa petite amie, a présenté ses excuses à la famille de la victime.

'Je suis prêt à me rendre (...) et à retourner à Taïwan pour faire face au procès et purger ma peine', a déclaré à la presse Chan Tong-kai, 20 ans, à sa sortie de prison. Mais pour le moment il ne retournera pas à Taïwan, l'île ayant déclaré qu'il ne serait pas admis au titre de visiteur ordinaire. La présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, a affirmé que le suspect ne pouvait qu'être arrêté et ne pouvait pas se rendre.

/ATS
 

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