Polémique sur des propos de Fillon sur les juifs

François Fillon a dénoncé mercredi sur Facebook une 'instrumentalisation' de ses propos sur ...
Polémique sur des propos de Fillon sur les juifs

Polémique sur des propos de Fillon sur les juifs

Photo: Keystone

François Fillon a dénoncé mercredi sur Facebook une 'instrumentalisation' de ses propos sur les juifs de France. Son adversaire à la primaire de la droite Alain Juppé s'est lui défendu mercredi de se livrer à des attaques personnelles contre le député de Paris.

Sur Europe 1, l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, favori pour l'investiture de la droite pour la présidentielle de 2017, a rappelé que la France avait combattu, par le passé, 'la volonté des juifs de vivre dans une communauté qui ne respectait pas toutes les règles de la République française'.

Ses propos ont suscité des interrogations, notamment chez le grand rabbin de France, quatre jours avant le second tour de la primaire pour laquelle il est le grand favori. Haïm Korsia a ainsi appelé le député de Paris pour lui demander des explications, a-t-on appris dans son entourage. Quant à l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), elle lui a demandé des précisions.

'Il n'a jamais été dans mon intention de remettre en cause l'attachement de la communauté juive de France à nos valeurs communes et au respect des règles de la République', a écrit François Fillon sur son compte Facebook. 'Cet attachement est ancien et sincère, je le sais. Je déplore donc qu'en cette fin de campagne certains aient osé instrumentaliser mes propos', a-t-il ajouté.

Pas close

Dans un communiqué, le grand rabbin de France indique avoir, lors de son appel, rappelé au candidat de la droite 'l'attachement des Français de confession juive à la France et à ses valeurs et leur souci d'intégration à la société française'.

'Haïm Korsia a également souligné que le communautarisme juif qui a pu exister jadis n'était en rien le fait ni le choix des citoyens de confession juive, mais la conséquence de la non-acceptation par la société française d'alors de leurs semblables', ajoute le texte.

La publication de ce communiqué, postérieure à l'entretien téléphonique entre les deux hommes, laisse entendre que la polémique n'est pas complètement close, selon un familier du grand rabbinat.

'Combattre cet intégrisme'

De son côté, l'UEJF 'se demande à quelle période François Fillon fait référence lorsqu'il évoque le fait que les Juifs aient refusé de respecter les règles de la République française, si ce n'est l'époque de Vichy où les Juifs étaient contraints à vivre dans la clandestinité et à porter l'étoile jaune.'

Sur Europe 1, le député de Paris a évoqué mercredi matin la montée de l'intégrisme au sein de la communauté musulmane, avant de tenir ses propos controversés. 'Les intégristes musulmans sont en train de prendre en otage la communauté musulmane', a-t-il dit.

'Il faut combattre cet intégrisme, il faut le combattre comme d'ailleurs dans le passé, je le rappelle, on a combattu une forme d'intégrisme catholique ou comme on a combattu la volonté des juifs de vivre dans une communauté qui ne respectait pas toutes les règles de la République française', a-t-il ajouté.

'Voilà, match nul'

Alain Juppé s'est défendu mercredi de se livrer à des attaques personnelles contre François Fillon affirmant se borner à constater que son adversaire était 'trop dur' dans ses positions. Il a également réclamé des clarifications notamment sur l'avortement.

'Pendant toute la campagne du premier tour, j'ai été accusé d'être trop mou. Je dis aujourd'hui que Fillon est trop dur. Voilà, match nul', a dit le maire de Bordeaux sur TF1.

Les proches de François Fillon ont reproché à Alain Juppé d'avoir dénoncé les soutiens d'extrême droite de François Fillon, arrivé largement en tête au premier tour de la primaire de la droite et du centre. François Fillon lui-même a estimé que son challenger était 'tombé bien bas'. 'Je constate, c'est tout. Moi, je préfère avoir le soutien du Modem que d'avoir le soutien de personnalités qui ont appartenu au Front national', lui a répondu Alain Juppé.

Soutiens

Dans Le Parisien, à paraître jeudi, le maire de Bordeaux regrette que l'ancien Premier ministre n'ait pas réprouvé la campagne menée contre lui sur les réseaux sociaux avant le premier tour et le qualifiant de salafiste. 'On parle du Fillon-bashing, mais le Juppé-bashing, je connais aussi ! Cette campagne était dégueulasse. J'aurais bien aimé que François Fillon s'en émeuve', dit-il.

Dans le Figaro, à paraître jeudi, Alain Juppé reçoit le soutien du centriste Yves Jego, proche de Bruno Le Maire, battu au premier tour de la primaire, et qui veut 'un président qui ne soit pas sous influence des extrémismes'.

De son côté, dans le même journal, l'ancien Premier ministre de Sarkozy reçoit le soutien de deux cent quinze parlementaires de la droite et du centre. 'Ceux qui caricaturent François Fillon ne prennent pas seulement le risque de se renier aux yeux des Français, ils aggravent le malheur de la France', accusent-ils dans la tribune.

/ATS


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