Pologne: des manifestants pro-avortement bloquent plusieurs villes

Des milliers de manifestants ont bloqué lundi le centre de plusieurs villes en Pologne. C'est ...
Pologne: des manifestants pro-avortement bloquent plusieurs villes

Des milliers de manifestants ont bloqué lundi le centre de plusieurs villes en Pologne. C'est le 5e jour d'une révolte contre une interdiction quasi-totale de l'avortement.

A Varsovie, les manifestants, pour la plupart des jeunes femmes brandissant des pancartes avec des slogans tels que 'l'Enfer des femmes', 'Vous avez du sang sur vos mains', 'Nous voulons avoir le choix', ou 'C'est la guerre!' ont bloqué plusieurs croisements du centre ville paralysant le trafic.

Des manifestations semblables se sont déroulées également dans plusieurs autres villes en réaction à la décision jeudi du Tribunal constitutionnel polonais de proscrire l'IVG en cas de malformation grave du foetus, car il serait 'incompatible' avec la constitution.

Ce jugement est conforme au souhait du parti ultra-catholique nationaliste au pouvoir, Droit et Justice (PiS). Il restreint le droit à l'avortement aux seuls cas de danger de mort pour la femme enceinte et de grossesses résultant d'un viol ou d'un inceste.

Vie des femmes en danger

L'argument majeur des opposants au jugement est que cette quasi interdiction met la vie des femmes en danger en les forçant à mener à terme des grossesses non viables, tandis que ses partisans assurent que cela évitera l'avortement de foetus diagnostiqués avec une trisomie 21. Il y a moins de 2000 avortements légaux par an en Pologne -et la grande majorité d'entre eux sont effectués à cause de foetus malformés.

Mais les groupes féministes estiment que plus de 200'000 procédures sont réalisées illégalement, ou effectuées à l'étranger, chaque année. Ce jugement a été condamné par plusieurs groupes de défense des droits de l'homme en Europe.

Dimanche, des manifestants ont visé des églises catholiques dans toute la Pologne, une première dans ce pays à majorité catholique, membre de l'Union européenne. Les protestations contre la décision du Tribunal doivent se poursuivre dans les prochains jours, selon les organisateurs.

/ATS