Poutine annonce une « opération militaire » en Ukraine

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé tôt jeudi matin une 'opération militaire' en ...
Poutine annonce une « opération militaire » en Ukraine

La Russie envahit l'Ukraine, nouvelles sanctions occidentales

Photo: KEYSTONE/AP/Olivier Hoslet

Des combats meurtriers entre Russes et Ukrainiens se déroulaient jeudi jusqu'aux portes de Kiev, à la suite du déclenchement par l'armée russe d'une attaque massive contre l'Ukraine. Les Etats-Unis et l'Union européenne ont répliqué par de nouvelles sanctions.

Pour éviter une extension de ce conflit à d''autres pays européens', contre laquelle a mis en garde le chancelier allemand Olaf Scholz, les forces militaires des Etats de l'Otan ont été placées en état d'alerte et certaines unités vont faire mouvement afin de renforcer les défenses sur le flanc Est. L'Alliance atlantique a convoqué un sommet en visioconférence pour vendredi.

Les Etats-Unis défendront 'le moindre pouce de territoire de l'Otan', a assuré dans une allocution le président Joe Biden. Mais ils n'enverront pas de troupes en Ukraine, a-t-il aussitôt précisé. Le Pentagone dépêchera toutefois quelque 7000 soldats de plus en Allemagne.

Sanctions occidentales

Joe Biden, pour lequel le président russe Vladimir Poutine va devenir 'un paria sur la scène internationale', a mentionné dans son intervention des restrictions dans les exportations de produits technologiques vers la Russie. Le no 2 de l'ambassade russe à Washington a par ailleurs été expulsé et 24 personnes et entités bélarusses punies pour leur implication dans l'invasion de l'Ukraine.

Les dirigeants des 27 pays de l'UE ont parallèlement pris des sanctions 'massives' contre la Russie dans les secteurs de l'énergie, de la finance et des transports. Moscou a de son côté promis une réplique 'sévère' à ces mesures.

Vladimir Poutine a pour sa part averti les Occidentaux 'qui tenteraient d'interférer': 'Ils doivent savoir que la réponse de la Russie sera immédiate et entraînera des conséquences que vous n'avez encore jamais connues'.

Dans la soirée, le président français Emmanuel Macron a appelé M. Poutine pour 'exiger l'arrêt immédiat' de l'offensive, a annoncé l'Elysée. Durant cet entretien 'sérieux et franc', le maître du Kremlin lui a 'fourni une explication détaillée sur les raisons' qui ont conduit Moscou à lancer cette opération, a ajouté le Kremlin.

'Supériorité aérienne totale'

L'offensive, dont la première journée a été qualifiée de 'succès' par Moscou, a commencé à l'aube, après un discours télévisé de Vladimir Poutine. 'J'ai pris la décision d'une opération militaire spéciale' ayant pour but 'une démilitarisation et une dénazification de l'Ukraine', a-t-il martelé, tout en assurant: 'Nous n'avons pas dans nos plans une occupation des territoires ukrainiens'.

Pour tenter de justifier cette intervention, le président russe a notamment réitéré ses accusations, infondées, d'un 'génocide' orchestré par Kiev dans les 'républiques' rebelles prorusses, cité un appel à l'aide des séparatistes et dénoncé la politique 'agressive' de l'Otan. La Russie n'avait 'aucun autre moyen' de se défendre, a-t-il affirmé dans la soirée.

Juste après ce discours, des explosions ont retenti à Kiev, à Kramatorsk (est), ville qui sert de quartier général à l'armée ukrainienne, à Kharkiv (nord-est), la deuxième ville d'Ukraine, à Odessa, sur la mer Noire, et à Marioupol, le principal port de l'est de ce pays. La centrale de Tchernobyl est tombée plus tard aux mains des soldats russes.

La Russie a une 'supériorité aérienne totale' dans ce conflit, a souligné un responsable du renseignement occidental, selon lequel Moscou veut masser une 'force écrasante' autour de Kiev, où un couvre-feu a été imposé.

Lourd bilan humain

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a de son côté proclamé la loi martiale et ordonné la rupture des relations diplomatiques avec Moscou.

Dans la matinée, un membre de son équipe informait que 'plus de 40 militaires ukrainiens' et 'une dizaine de civils' avaient péri. Rien que dans la région d'Odessa, le bilan officiel était de 18 habitants d'un village morts dans des frappes. En début de soirée, les autorités de la région de Kherson ont par ailleurs fait état de 13 civils et neuf militaires tués.

Les deux camps faisaient des déclarations invérifiables, mais l'armée russe gagnait du terrain. Dans la région de Kherson, elle était présente dans plusieurs zones et avait notamment désormais le contrôle de Genichesky, une ville à 300 km à l'ouest de la frontière russe. Les troupes russes sont aussi entrées dans la ville de Kherson, où elles ont pris le canal de Crimée du Nord et rétabli l'approvisionnement en eau de la Crimée, selon Moscou.

100'000 personnes ont fui

Dès les premières heures de la journée, des habitants de Kiev se sont pressés dans le métro pour s'y abriter ou tenter de quitter la ville, cependant que des voitures remplies de familles fuyant la capitale créaient de vastes bouchons.

Environ 100'000 personnes ont fui leur foyer en Ukraine et des milliers ont quitté leur pays, a déploré le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). L'UE s'est dite 'pleinement préparée' à les accueillir.

Des rassemblements contre la guerre ont eu lieu partout dans le monde mais aussi dans plusieurs villes de Russie. Près de 1400 personnes ont été arrêtées sur l'ensemble du territoire russe, selon une ONG. Les autorités avaient prévenu qu'elles réprimeraient toute manifestation non autorisée.

/ATS
 

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