Présidentielle: Muhammadu Buhari réélu président du Nigeria

Le président nigérian sortant Muhammadu Buhari a été réélu à son poste. Selon les résultats ...
Présidentielle: Muhammadu Buhari réélu président du Nigeria

Présidentielle: Muhammadu Buhari réélu président du Nigeria

Photo: KEYSTONE/AP/BEN CURTIS

Muhammadu Buhari a été réélu président du Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec ses 190 millions d'habitants avec 56% de voix. Les résultats définitifs ont été communiqués par la commission électorale (INEC) mercredi matin.

Le président sortant 'est déclaré vainqueur et est réélu', a officialisé le président de l'INEC, Mahmood Yakubu mercredi à l'aube. La compilation des résultats avait mis fin au suspense dès mardi soir.

Avec les résultats des 36 Etats du pays ainsi que de la capitale fédérale Abuja, M. Buhari a gagné en comptant une avance de près de 4 millions de voix par rapport à son principal rival, Atiku Abubakar (41% des voix).

Résultats dénoncés

'Le nouveau gouvernement va intensifier ses efforts dans la sécurité, la restructuration de l'économie et le combat contre la corruption. Nous allons nous efforcer de renforcer notre unité et notre cohésion afin qu'aucune partie ni aucun groupe ne se sente à la traîne ou laissé pour compte', a déclaré M. Buhari depuis son QG de campagne.

L'opposition a annoncé mercredi qu'elle rejetait les résultats de l'élection. 'Si j'avais perdu dans des élections libres et transparentes, j'aurais appelé le vainqueur dans la seconde', a déclaré le candidat du Parti populaire démocratique (PDP) dans un communiqué. 'Je rejette les résultats de l'élection de la honte du 23 février 2019 et contesterai ses résultats en cour de justice'.

Suspense réduit

Depuis lundi, au fur et à mesure que l'INEC annonçait les résultats, Etat par Etat, parti par parti, le suspense s'était réduit, dans cette course qui s'annonçait pourtant serrée entre le président sortant et le candidat du Parti populaire démocratique (PDP).

Les écarts entre les candidats, tout deux haoussas du nord et musulmans, étaient moins prononcés que lors du scrutin de 2015, entre Buhari et Goodluck Jonathan, chrétien du Delta. Mais Buhari a réussi à maintenir une large avance sur son adversaire.

Atiku Abubakar, riche homme d'affaires et ancien vice-président du Nigeria entre 1999 et 2007, a la réputation d'être l'un des hommes politiques les plus corrompus du pays.

Buhari, ancien général qui avait déjà dirigé le pays en 1983 pendant les dictatures militaires, est un homme austère qui s'est engagé à mener une lutte féroce contre la corruption, le 'cancer' qui ronge le premier producteur de pétrole d'Afrique.

Lutte anti-corruption

Après un premier bilan très mitigé et critiqué sur les questions économiques et sécuritaires, Buhari gardait une large avance dans ses bastions où il dépassait les 70%. Mais a perdu près de 435'000 voix dans l'immense ville de Kano (nord), l'un de ses fiefs. Ses détracteurs l'accusent également de mener une chasse aux sorcières contre ses opposants sous couvert de lutte anti-corruption.

M. Abubakar n'a de son côté pas réussi à faire l'unanimité dans la région yorouba du sud-ouest, où le parti au pouvoir a gardé la majorité des votes, ou dans le sud-est igbo, malgré le choix de Peter Obi, ancien gouverneur de l'Etat d'Anambra, comme vice-président.

'Fraudes massives'

L'opposition a dénoncé des fraudes massives du parti au pouvoir pour maintenir Muhammadu Buhari à la tête du pays. Elle avait demandé l'interruption des résultats mardi soir.

'Situation Room appelle les partis politiques et les candidats qui ont des griefs avec le processus électoral à utiliser les recours légaux pour le faire', a annoncé le groupe de surveillance de la société civile dans un communiqué, après avoir dénoncé des manquements graves dans l'organisation du scrutin.

Retards à l'ouverture des bureaux de vote, intimidations d'électeurs, destruction de matériel électoral: la société civile et les observateurs ont dénoncé de nombreuses irrégularités et recensé au moins 53 morts dans des violences électorales.

Faible participation

La mobilisation des électeurs nigérians a été faible lors de ce scrutin, avec un taux de participation d'environ 40%. L'affluence a ainsi reculé dans quasiment tous les Etats du pays.

A Lagos également, capitale économique de l'Afrique de l'ouest et réservoir très important de voix avec plus de 6 millions d'électeurs enregistrés, le niveau de participation ne dépassait pas les 20%.

Les observateurs s'inquiètent de cette 'faible mobilisation' qui 'pourrait affecter la crédibilité du vainqueur de cette élection', déjà entachée par des accusations de fraudes.

/ATS
 

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