L'opposant russe Alexeï Navalny n'a pas obtenu lundi l'aval de la commission centrale des élections russes pour se porter candidat à la présidentielle du 18 mars. Il a immédiatement appelé ses partisans à boycotter le scrutin.
Par douze voix sur treize et une abstention, la commission l'a jugé inéligible en raison de sa condamnation dans le passé à une peine de prison avec sursis. Le principal opposant au président Vladimir Poutine avait pourtant obtenu le ralliement de 742 personnes, soit au-dessus du seuil des 500 personnes nécessaire pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle de mars prochain.
La présidente de la commission, Ella Pamfilova, a assuré n'avoir 'aucune observation' à faire quant aux documents apportés par Alexeï Navalny, répétant qu'il s'agissait de faire respecter la loi. 'Ces affaires ont été fabriquées pour ne pas me laisser me présenter', a dénoncé l'opposant lors des débats publics précédant la décision.
La commission centrale des élections l'avait déjà déclaré l'été dernier inéligible pour la même raison que celle invoquée lundi. Navalny a été interpellé et détenu à trois reprises cette année pour avoir organisé des rassemblements politiques non autorisés. Se disant victime d'un harcèlement judiciaire, il a fait condamner la Russie par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).
Lundi, le quadragénaire a à nouveau accusé le Kremlin de torpiller sa candidature. 'Nous annonçons une grève du vote', a-t-il lancé peu après l'annonce de la commission. 'Nous appellerons tout le monde à boycotter ces élections. Nous ne reconnaissons pas les résultats de ces élections', a-t-il martelé devant la presse.
'Seul Poutine et les candidats qu'il a personnellement choisi, ceux qui ne représentent pas la moindre menace, prennent part au scrutin', a-t-il encore expliqué dans une vidéo diffusée lundi après-midi sur son site Internet et destinée à ses partisans.
Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 17 ans à la présidence ou au poste de premier ministre (1999-2000 puis 2008-2012), a confirmé au début décembre qu'il briguerait un quatrième mandat présidentiel.
/ATS









