Primaire démocrate: les candidats chargent Donald Trump

Unis contre Donald Trump: les candidats participant jeudi à Los Angeles au sixième débat télévisé ...
Primaire démocrate: les candidats chargent Donald Trump

Les candidats démocrates s'écharpent sur l'argent en politique

Photo: KEYSTONE/AP/CC JL

Les candidats invités au sixième débat de la primaire démocrate américaine ont affiché jeudi un front commun contre Donald Trump. Mais ils se sont écharpés sur la question de l'argent dans la politique, lors d'échanges qui ont permis à certains frondeurs de briller.

'Nous devons restaurer l'intégrité de la présidence', a assuré l'ancien vice-président Joe Biden, qui mène la course à la Maison Blanche. 'Mon travail est d'expliquer pourquoi il ne mérite pas d'être président des Etats-Unis quatre ans de plus', a-t-il dit, entouré de ses six rivaux sélectionnés pour ce débat, parmi lesquels deux femmes.

Le milliardaire républicain a été mis en accusation mercredi par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, selon qui il a abusé de ses pouvoirs présidentiels en demandant à son homologue ukrainien d'annoncer des enquêtes anti-corruption contre Joe Biden et son fils Hunter, qui avait siégé au conseil d'administration d'une entreprise gazière locale. Ainsi, il aurait demandé à un pays étranger d'interférer dans la campagne électorale américaine.

'Menteur pathologique'

M. Trump est 'un menteur pathologique' qui dirige 'le gouvernement le plus corrompu de l'histoire moderne' américaine, a attaqué Bernie Sanders. Elizabeth Warren a aussi fustigé un président 'le plus corrompu de notre histoire récente', qui selon elle cultive ses loyautés à coups de 'réductions d'impôts et de postes d'ambassadeurs'. 'Le président n'est pas un roi', a renchéri Amy Klobuchar.

Ces trois candidats siègent au Sénat, qui devrait juger en janvier Donald Trump pour abus de pouvoir et entrave au Congrès. Mais, soutenu par la majorité républicaine à la chambre haute, le milliardaire devrait être acquitté.

'Qu'importe ce qu'il se passe au Sénat, c'est à nous' d'agir pour battre le milliardaire le 3 novembre 2020, a affirmé Pete Buttigieg, un maire de l'Indiana qui a le vent en poupe dans les sondages. Seule voix nettement discordante, l'homme d'affaires d'origine asiatique Andrew Yang a émis la mise en garde suivante: 'On doit cesser d'être obsédés par l'impeachment'.

Dans un communiqué, Donald Trump a moqué 'un débat morne et pessimiste' ayant montré qu''aucun de ses personnages n'a une chance' de le battre.

La menace Pete Buttigieg

La soirée a aussi été marquée par de vifs échanges, principalement dirigés contre Pete Buttigieg. Quatrième de la course, il reste une menace pour ses adversaire car il est en tête dans les sondages de l'Iowa. Cet Etat-clé ouvrira le 3 février la saison de la primaire et donnera le ton pour la suite.

'Des milliardaires dans des caves à vin ne devraient pas choisir le prochain président', a fustigé Mme Warren en référence à une récente collecte de fonds de M. Buttigieg dans une cave viticole. 'Voilà bien le problème de décerner des tests de pureté qu'on serait bien soi-même incapable d'obtenir' en ayant eu par le passé recours à de riches donateurs, a-t-il rétorqué, en référence à la fortune de Mme Warren.

Bernie Sanders a pour sa part manié l'humour en notant que M. Buttigieg avait 'seulement 39 milliardaires' parmi ses donateurs, contre 44 pour Joe Biden. M. Sanders et Mme Warren chassent sur les mêmes terres progressistes avec un programme très à gauche qui est très populaire parmi les jeunes et les femmes, mais effraie les électeurs plus conservateurs.

Amy Klobuchar a ironisé sur le manque d'expérience au niveau national de Pete Buttigieg, le jeune (37 ans) maire de South Bend, premier candidat homosexuel ayant de réelles chances dans la course à la Maison Blanche.

La centriste reste loin derrière les quatre principaux candidats mais a tiré son épingle du jeu, comme le milliardaire Tom Steyer ou Andrew Yang. 'Il nous faut prendre chaque occasion de présenter une vision nouvelle, positive pour le pays, une nouvelle voie pour aider à le (Donald Trump) battre en 2020 parce que, ne vous y trompez pas, il sera sur les bulletins de vote', a mis en garde ce dernier, jeune entrepreneur.

Le favori Joe Biden

A 77 ans, Joe Biden a tenté de rassurer ses partisans sur son état de forme. Mais il a refusé de s'engager à exercer un second mandat - il aurait alors 82 ans - s'il était élu en 2020. 'Je n'ai même pas encore été élu pour un premier mandat, attendons de voir comment ça se passe', a-t-il expliqué.

Joe Biden, crédité de 27,8% des intentions de vote selon le site RealClear Politics, est depuis plusieurs mois le favori de la course côté démocrate, malgré les gaffes qui émaillent sa campagne, les doutes sur son état de forme et sur sa capacité, à 77 ans, à assumer les plus hautes fonctions.

L'ex-numéro deux de Barack Obama défend un programme centriste et promet un retour à la normalité après le mandat tumultueux de Donald Trump, marqué par une polarisation politique extrême. Il bénéficie d'une forte cote de popularité parmi les ouvriers et dans la communauté afro-américaine.

Derrière Joe Biden figurent le sénateur du Vermont Bernie Sanders (19,3%) et la sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren (15,2%).

Le débat s'est aussi déroulé dans l'ombre du milliardaire centriste Michael Bloomberg (5,1%). L'ancien maire de New York a choisi de passer les deux premières primaires et se concentre sur la quinzaine d'Etats qui voteront début mars, dont le Tennessee où il fait campagne jeudi.

/ATS
 

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