Prison ferme pour blanchiment pour les époux Balkany

La justice française a condamné vendredi Patrick Balkany à cinq ans de prison ferme pour blanchiment ...
Prison ferme pour blanchiment pour les époux Balkany

Prison ferme pour blanchiment pour les époux Balkany

Photo: KEYSTONE/EPA/YOAN VALAT

La justice française a condamné vendredi Patrick Balkany à cinq ans de prison ferme pour blanchiment, assortis d'un mandat de dépôt. Le maire de Levallois-Perret a toutefois été relaxé des accusations de corruption et prise illégale d'intérêts qui pesaient contre lui.

Son épouse et première adjointe Isabelle Balkany a quant à elle été condamnée à quatre ans de prison ferme, sans incarcération immédiate, en raison de son état de santé. Tous deux ont en outre été condamnés une nouvelle fois à dix ans d'inéligibilité.

Patrick Balkany, 71 ans, va faire appel de sa condamnation, a indiqué son avocat Eric Dupond-Moretti sur BFMTV. Il n'était pas présent au tribunal correctionnel de Paris. Il avait refusé dans la matinée d'être extrait de sa cellule de la prison de la Santé, où il est incarcéré depuis sa condamnation à quatre ans de prison pour fraude fiscale le 13 septembre.

Treize millions cachés au fisc

Il s'agit du second volet du procès de Balkany pour 'blanchiment à grande échelle' et pour 'corruption'. Le 13 septembre, Patrick Balkany, proche de l'ex-président Nicolas Sarkozy, avait été condamné à quatre ans de prison ferme pour fraude fiscale et à dix ans d'inéligibilité.

Sa femme avait été condamnée à trois ans de prison ferme et dix ans d'inéligibilité pour fraude fiscale. Les deux époux avaient fait appel et Mme Balkany avait repris dans la foulée les rênes de la mairie de Levallois (Hauts-de-Seine) pour assurer l'intérim.

Le couple a été condamné pour avoir dissimulé au moins treize millions d'euros d'avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas aux Antilles et à Marrakech, par le biais de complexes montages offshore. Le tribunal a ordonné la saisie de biens et avoirs du couple, notamment leur moulin à Giverny (Eure).

Le parquet national financier avait requis sept ans de prison avec mandat de dépôt contre Patrick Balkany et, contre Isabelle Balkany, quatre ans avec sursis.

Quelques 'fautes'

Au fil des audiences, ils avaient concédé quelques 'fautes'. Pendant l'instruction, Isabelle Balkany avait admis avoir acquis grâce à un héritage familial la villa antillaise en 1997 via une société constituée au Liechtenstein par une fiduciaire suisse.

Le couple a en revanche toujours nié détenir le riad. Patrick Balkany était soupçonné de s'être fait offrir cette villa marocaine par le milliardaire saoudien Mohamed Al Jaber en échange de délais de paiements pour un juteux projet immobilier qui n'avait pas abouti.

Mais les juges ont estimé que les délits de corruption passive et active qui leur étaient reprochés n'étaient 'pas constitués'. Le milliardaire saoudien a donc été relaxé. Et M. Balkany a été relaxé des accusations de prise illégale d'intérêts.

Sursis pour le fils

Pour leur rôle dans l'acquisition du riad, l'avocat Arnaud Claude et Jean-Pierre Aubry, alors bras droit de Patrick Balkany, ont été condamnés à trois ans de prison avec sursis et des amendes pour blanchiment de fraude fiscale. M. Claude s'est vu interdire définitivement d'exercer la profession d'avocat.

Alexandre Balkany a été condamné à six mois avec sursis pour avoir 'couvert' ses parents en souscrivant des baux de location fictifs. Tous les prévenus, sauf M. Al Jaber, ont été condamnés à verser à l'Etat un total de un million d'euros de dommages et intérêts.

/ATS
 

Actualités suivantes