Recul des incarcérations en Europe mais « grave » surpopulation dans huit pays

Le nombre de détenus a reculé sensiblement en Europe entre 2016 et début 2018. Mais huit pays ...
Recul des incarcérations en Europe mais « grave » surpopulation dans huit pays

Recul des incarcérations en Europe mais

Photo: Keystone/AP/MISHA JAPARIDZE

Le nombre de détenus a reculé sensiblement en Europe entre 2016 et début 2018. Mais huit pays affichent toujours de 'graves problèmes de surpopulation' carcérale, selon une étude du Conseil de l'Europe rendue publique mardi.

Durant cette période, le taux d'incarcération a reflué de 6,6%, passant 'de 109,7 à 102,5 détenus pour 100'000 habitants', relève l'enquête de l'Ecole des sciences criminelles de l'Université de Lausanne, qui réalise chaque année pour le Conseil un rapport sur la population carcérale en Europe. La diminution est particulièrement notable dans des pays comme la Roumanie (-16%), la Bulgarie (-15%) ou la Norvège (-11,6%). A l'inverse, il a explosé en Islande (+25,4%).

Les pays affichant des taux d’incarcération particulièrement élevés sont toujours la Russie (418,3 détenus pour 100 000 habitants), la Géorgie (252,2), l’Azerbaïdjan (235), la Lituanie (234,9), la République de Moldova (215,2), la République tchèque (208,8), la Lettonie (194,6), la Pologne (194,4) et l’Estonie (191,4).

Graves problèmes

Huit pays ont signalé de graves problèmes de surpopulation dans leur administration pénitentiaire: la Macédoine du Nord (122,3), la Roumanie (120,5), la France (116,3), l’Italie (115,0), la République de Moldova (113,4), la Serbie (109,2), le Portugal (105,9) et la République tchèque (105,6). Quatre autres pays affichent une densité carcérale supérieure à 100 détenus pour 100 places: la Grèce (101,0), l’Autriche (100,7), la Slovénie (100,5) et le Danemark (100,5).

'Au 31 janvier 2018, il y avait 1'229'385 détenus' dans les 44 pays membres du Conseil qui ont répondu au questionnaire envoyé par l'Université, dont environ la moitié en Russie, indique l'étude.

Le précédent rapport, publié en mars 2018, faisait état d'un nombre de détenus en hausse de 2,2%, avec 859'102 prisonniers. Un chiffre qui grimpait à 1,5 million de personnes en incluant une estimation du nombre de détenus russes, Moscou n'ayant alors pas transmis ses données, contrairement à cette année.

Une foule d'hommes et de femmes entièrement vêtus de noir se frappait la poitrine en signe de deuil au passage de cercueils recouvert de draps verts, tissés de fils dorés.

La Russie fait monter la moyenne

Cette fois, Turquie, Belgique et Hongrie n'ont pas fourni leurs statistiques. Ankara, qui a procédé à des arrestations massives après le coup d'Etat manqué en juillet 2016, avait répondu au questionnaire, mais des 'inconsistances dans les données' n'ont pu être éclaircies 'à temps' et les chiffres turcs n'ont pas été inclus, précise l'Université.

'La Russie a énormément de détenus et fait augmenter la moyenne générale européenne', a observé le directeur de l'étude, Marcelo Aebi, de l'Université de Lausanne. A l'inverse, ce sont 'les pays nordiques, l'Allemagne, les Pays-Bas' qui ont les taux les plus bas, a-t-il encore relevé.

La France enregistre le plus haut taux de suicide (12,6 pour 10'000 prisonniers) et le plus grand nombre d'évasions (611). L'étude note une diminution de 4,8% des détenus étrangers, qui passe de 16,7% (2016) à 15,9% (2018).

Sur ce point, note M. Aebi, 'il y a une division claire entre Europe de l'Ouest et Europe de l'Est': la plupart de ces détenus se trouvent en Europe du Nord et de l'Ouest, où plus de 25% des prisonniers sont étrangers. En 2017, les pays européens ont injecté 20,2 milliards d'euros dans leurs prisons. En moyenne, le coût quotidien d'un prisonnier est de 67 euros (75 francs).

/ATS
 

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