La quasi-totalité de l'Espagne était mercredi en état d'alerte en raison de la vague de chaleur avec des maximales dépassant les 45 degrés, avant jeudi qui devrait être le jour le plus chaud. Le Portugal a souffert aussi.
Cette canicule, qui a débuté le week-end dernier et devrait durer au moins jusqu'à dimanche, se traduit par des températures suffocantes dans l'ensemble de la Péninsule ibérique, notamment dans les régions espagnoles d'Andalousie (sud), d'Estrémadure (sud-ouest) et de Galice (nord-ouest), placées en alerte rouge, selon l'agence météorologique espagnole (Aemet).
A part l'archipel des Canaries, toutes les autres régions espagnoles ont été placées en alerte à des degrés inférieurs.
Un maximum de 45,6°C a été enregistré à 17h30 à Almonte en Andalousie, tandis que plusieurs villes du sud ont dépassé les 44°C, comme Séville, Cordoue ou Badajoz.
Jeudi devrait être 'le pic de cette vague de chaleur', selon l'Aemet, avec des températures qui devraient à nouveau atteindre les 44°C dans une partie du centre et du sud du pays.
Gros risque d'incendie
En raison de cette canicule, couplée au déficit de précipitations dans la péninsule ibérique depuis le début de l'année, un risque 'extrême' d'incendie existe dans l'ensemble du pays, selon les services de prévention et d'extinction des feux de forêt.
Au moins 3.500 hectares ont déjà brûlé dans une région montagneuse à cheval sur les régions d'Estrémadure et de Castille-et-Léon, non loin du Portugal. Les pompiers, qui ont travaillé toute la nuit, ont néanmoins réussi à 'stabiliser' l'incendie, selon les autorités régionales.
Au nord-ouest de Madrid, près de 500 habitants ont été provisoirement évacués en raison d'un autre incendie, lui aussi en passe d'être contrôlé, selon les services d'urgence régionaux.
Entre le 1er janvier et le 3 juillet, 70.354 hectares de forêts sont partis en fumée en Espagne, soit près du double (+87%) de la moyenne des dix dernières années, selon le gouvernement.
La multiplication de ces phénomènes est une conséquence directe du réchauffement climatique, les émissions de gaz à effet de serre augmentant à la fois leur intensité, leur durée et leur fréquence, expliquent les scientifiques.
En incluant la vague de chaleur actuelle, l'Espagne a traversé cinq épisodes de températures exceptionnellement élevées sur les onze derniers mois. Le mois de mai y avait notamment été le plus chaud depuis le début du siècle.
Outre la chaleur, l'Espagne a souffert d'un cruel manque de précipitations depuis cet hiver. Résultat, le niveau des réservoirs d'eau était mercredi à 44,4% de leur capacité totale, contre une moyenne de 65,7% sur cette période ces dix dernières années, soulignent les autorités.
Un mort au Portugal
Au Portugal, un incendie a fait un mort dans la région d'Aveiro (nord). Les services de secours étaient fortement mobilisés depuis plusieurs jours dans le centre du pays en raison des feux de forêt liés à la canicule.
'Les pompiers ont trouvé une victime carbonisée au milieu de la zone qui brûlée' dans un incendie survenu dans la nuit de mardi à mercredi dans la commune de Murtosa, a indiqué le commandant José Miranda, de l'Autorité nationale de protection civile. D'après le journal Correio da Manha, il s'agissait d'une femme d'une cinquantaine d'années.
L'incendie, qui se serait déclaré dans un champ de maïs, a entretemps été maîtrisé. C'est toutefois le centre du pays qui était le plus touché par les feux de forêt qui ont frappé le Portugal depuis jeudi dernier et qui se sont de nouveau embrasés mardi après-midi, attisés par la chaleur et la force du vent.
Mercredi matin, quatre foyers importants mobilisaient plus de 1500 pompiers dans les communes de Leiria, Pombal et Ourém, situées au confluent des districts de Leiria et Santarém, à un peu plus d'une centaine de kilomètres de Lisbonne. La veille, plusieurs villages ont dû être évacués ainsi que quelque 300 personnes qui se trouvaient dans la bourgade de Freixianda, dans la commune d'Ourém.
Une trentaine de blessés
Interrompue jusqu'à l'aube, la circulation avait entretemps repris sur plusieurs axes routiers, dont l'autoroute A1 qui relie Lisbonne au nord du Portugal. Depuis jeudi, les services de secours ont recensé une trentaine de blessés légers et au moins une douzaine de maisons endommagées, selon un bilan provisoire fourni par la protection civile.
Dans un pays qui reste traumatisé par les feux meurtriers de 2017, qui ont fait plus de 100 morts, le gouvernement a décidé de renforcer la mobilisation des services de secours et d'accroître leurs pouvoirs, en décrétant l''état de contingence' au moins jusqu'à vendredi.
Mercredi, l'institut météorologique portugais a placé sous alerte rouge 16 des 18 districts du territoire continental, soit le double que la veille. Les températures devraient dépasser les 40°C dans une bonne partie du pays, et monter jusqu'à 46°C dans la région de Santarém.
En France aussi
Les incendies font aussi des ravages en France. Le bilan s'est aggravé en Gironde où des 'feux compliqués' ont déjà ravagé près de 2800 hectares de pins mercredi, sur fond de nouvelle vague de chaleur dans le sud de la France.
Les pompiers luttaient depuis mardi après-midi contre deux incendies de forêt distincts, l'un à Landiras, à une quarantaine de kilomètres au sud de Bordeaux et un second à La Teste-de-Buch, près de la dune du Pilat. Aucune victime n'est à déplorer.
Ce sont au total 2800 hectares de pins qui sont partis en fumée. Ces feux sévissent sur fond d'épisode caniculaire - le 2e en un mois, illustration du changement climatique qui va causer des étés 'de plus en plus chauds, où 35 degrés sera la norme', selon Météo-France.
Les risques élevés d'incendie ont conduit des villes comme Nîmes à renoncer à son feu d'artifice du 14 Juillet ou à adapter, comme à Toulouse ou Lourdes, les festivités.
/ATS









