Un record de déplacés en 2020 en raison des nombreuses crises

Une personne a été contrainte chaque seconde de fuir son habitation en 2020 en raison de conflits ...
Un record de déplacés en 2020 en raison des nombreuses crises

Un record de déplacés en 2020 en raison des nombreuses crises

Photo: KEYSTONE/AP/FELIPE DANA

Une personne chaque seconde a dû fuir son habitation en 2020 en raison de conflits ou désastres, soit 40,5 millions de mouvements, un record en dix ans. Le total de déplacés atteint désormais 55 millions, chiffre jamais atteint selon un rapport publié jeudi à Genève.

Ces données très élevées 'sont très inquiétantes' parce qu'elles ont été observées alors même que la pandémie a diminué leur récolte, explique la directrice du Centre de surveillance des déplacements internes (IDMC), Alexandra Bilak. Et que certaines personnes ont été dissuadées de fuir des situations d'urgence par peur d'être infectées.

Pour autant, 'il est trop tôt' pour affirmer que la pandémie a eu un effet direct sur le nombre élevé de déplacements, a dit à la presse Mme Bilak. Certes, les populations déjà affectées par la pauvreté ont été confrontées plus durement aux conséquences. Avec l'impact à long terme sur leur situation économique, 'les vulnérabilités vont s'aggraver' et les chiffres pourraient augmenter, dit la directrice.

Parmi les pays, les violences en Ethiopie ou au Burkina Faso ont notamment provoqué de nombreux déplacements. Mais les situations en République démocratique du Congo (RDC), en Syrie et en Afghanistan ont également continué à largement alimenter les mouvements.

Parmi les raisons, les problèmes météorologiques ont constitué 98% des déplacements liés à des désastres, des ouragans dans certaines zones aux sécheresses dans d'autres régions. Une seule tempête en Asie a contraint cinq millions de personnes à fuir.

Appel lancé aux Etats

Parfois, la combinaison de désastres et de conflits a mené des personnes à être déplacées pour la deuxième ou la troisième fois, augmentant leur vulnérabilité. Notamment au Yémen, où les inondations ont affecté des habitants déjà victimes de la guerre.

Parmi les 55 millions de personnes désormais déplacées, 48 millions l'ont été en raison de violences et, chiffre toutefois probablement largement sous-estimé avec le manque de données, 7 millions en raison de désastres. Une combinaison de facteurs à laquelle il faut ajouter le réchauffement climatique, insiste aussi la directrice d'IDMC. Des composantes environnementales viennent détériorer une situation économique déjà difficile dans certaines zones et contraignent des populations à fuir.

Mme Bilak appelle les Etats, dans un monde vulnérable avec la pandémie, à davantage de 'volonté politique' pour éviter davantage encore de déplacements dans les différents pays. Pendant longtemps, l'attention sur cette question a été 'insuffisante' mais la situation s'améliore, dit-elle.

/ATS
 

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