Une fête du travail virtuelle, confinement oblige

Un 1er Mai pas comme les autres: les syndicats célèbrent la journée internationale des travailleurs ...
Une fête du travail virtuelle, confinement oblige

Une fête du travail virtuelle, confinement oblige

Photo: KEYSTONE/AP/Daniel Cole

Un 1er Mai pas comme les autres: les syndicats célèbrent la journée internationale des travailleurs sans cortège mais sur les réseaux sociaux et à travers quelques rassemblements fugaces, le temps d'une photo.

Emmanuel Macron a donné le ton vendredi, en postant une vidéo pour saluer 'l'esprit du 1er Mai', avec 'une pensée pour les organisations syndicales'. Le chef de l'Etat souligne que c'est grâce 'au travail, au dévouement de nos soignants, des personnels de la protection civile, des forces de l'ordre, des armées, que nous sauvons chaque jour tant de vies'.

Le président salue aussi 'l'engagement' et le 'travail' des agriculteurs, fonctionnaires, salariés, indépendants et bénévoles. Un discours accueilli fraîchement par les syndicats.

'Il faudra arrêter de gérer les choses avec seule une logique budgétaire. On voit l'impasse dans laquelle ça nous a amenés au niveau de l'hôpital', a réagi sur franceinfo Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, invitant l'exécutif à des 'actes'.

Philippe Martinez, son homologue de la CGT, s'est montré encore plus sceptique: 'On a l'habitude de ce genre de message du président, qui s'oublie quelques jours après'. 'S'il soutient les 'premiers de corvée', qu'il le démontre', a-t-il lancé sur France Inter,en allusion aux premiers de cordée dont les efforts doivent servir aux suivants.

Personnels de santé, salariés du commerce, de l'agroalimentaire, du paramédical, du social, du nettoiement, agents du service public... Ce sont justement ces 'oubliés' et 'invisibles de la société' que sa confédération, mais aussi la FSU, Solidaires, les mouvements lycéens Fidl, MNL, UNL et étudiant Unef ont appelé à mettre en lumière en cette journée des travailleurs.

Cornes de brume

Mais pas question de battre le pavé, même si quelques appels à se rassembler avaient été lancés hors syndicats. A Paris, une quinzaine de personnes se revendiquant du 'comité de solidarité avec les grèves et résistances' ont tenté de manifester place de la République, en vain, les rassemblements n'étant pas tolérés en raison du confinement.

Devant les hôpitaux, quelques rassemblements étaient néanmoins prévus. 'Ce seront des moments très courts, avec prise de photos et vidéos, puis les gens partiront', explique Mireille Stivala (CGT), qui a elle-même organisé une initiative dans la matinée à l'hôpital parisien Saint-Louis.

A Orléans ou à Rouen, quelques rassemblements fugaces, composés d'une poignée de personnes - respectant le port du masque mais pas toujours la distanciation physique -, ont été filmés et relayés par des syndicats.

Comme à Toulouse, où une quinzaine de personnes a manifesté devant une galerie marchande pour dénoncer l'ouverture de supermarchés avec des caisses automatiques, selon une vidéo publiée sur Facebook. Entonnant le chant de ralliement des 'gilets jaunes', 'On est là, on est là', les manifestants ont ensuite été interrompus par un policier.

A midi pile, dans le port de Marseille, les bateaux à quai ont fait sonner leurs cornes de brume en soutien aux marins en mer. Les appels à faire des concerts de casseroles (#casserolade) ont été peu suivis dans la capitale et en région parisienne, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Manifestations de playmobils

Les initiatives sont concentrées sur les réseaux sociaux. Manifestants sur leur canapé, rassemblements mis en scène avec des playmobils ou des nains de jardins, reprises de l'Internationale dans les salons ou sur les balcons: les photos et vidéos font florès.

La CGT a invité à faire des vidéos ou photos avec le message à compléter: 'le jour d'après...'. Ces revendications en ligne portaient sur 'un départ à la retraite anticipée', 'une juste répartition des richesses' ou encore 'une semaine de 32 heures'.

Dans un appel, Force ouvrière (FO) fait un parallèle entre la crise liée au coronavirus et la journée du 1er Mai, née aux Etats-Unis en 1886 à l'occasion d'un mouvement social réclamant la journée de travail de 8 heures et la semaine de 48 heures, remise en question par une ordonnance de mars qui prévoit de déroger jusqu'à 60 heures. 'Si on avait été en situation normale, sur la question des retraites, on aurait peut-être eu un 1er Mai unitaire de ceux qui contestent la réforme', a relevé sur Europe 1 le secrétaire général de FO, Yves Veyrier.

La CFDT, la CFTC, l'Unsa et les étudiants de la Fage, qui célèbrent traditionnellement le 1er Mai ensemble, réaffirment sur les réseaux sociaux leurs revendications générales 'pour l'emploi, la justice sociale et pour un modèle de développement respectueux de l'environnement et des femmes et des hommes au travail'.

/ATS
 

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