Le transport ferroviaire des déchets dans l'Arc jurassien sera développé et pérennisé. Les cantons de Berne, Neuchâtel et du Jura ont signé jeudi à La Chaux-de-Fonds une déclaration d'intention avec les Chemins de fer du Jura et les gestionnaires de déchets de la région.
Les cantons du Jura, de Neuchâtel et de Berne veulent développer le transport ferroviaire de déchets dans l’Arc jurassien. Ils ont signé ce jeudi une déclaration d’intention en ce sens avec les Chemins de fer (CJ) du Jura et les gestionnaires de déchets de la région.
« Cette collaboration, vieille de près de 30 ans, peut ouvrir la voie au renouvellement du matériel roulant des CJ. L'objectif est d'augmenter la capacité annuelle de transport de 33'000 à 45'000 tonnes, tout en limitant le recours à la route », ont indiqué les différents partenaires.
« Cette déclaration d'intention constitue un élément-clé de la stratégie 2040 des CJ », a expliqué Géraldine Beuchat, présidente du conseil d'administration du transporteur jurassien. Elle sécurise les nouveaux investissements de 11 millions de francs des CJ, qui ont acquis trois nouvelles motrices et des wagons à fond plat. Les nouveaux wagons et motrices devraient être mis en circulation à fin 2028.
Cette amélioration du matériel permettra une augmentation de 40% de la capacité de transport de marchandises pour les CJ qui ont transporté 120'000 tonnes de matières en 2025, dont 53% de bois et de betteraves.
« Plus forts ensemble »
« Huit partenaires de trois cantons ont un intérêt commun et la volonté commune d'avancer », a expliqué Jean-Paul Lachat, ministre jurassien en charge des transports. Le ministre a précisé qu'une étude a été commandée pour étudier la différence entre le transport par rail ou par route de déchets. « Le rail à long terme reste la solution la plus pertinente pour le transport sur de longues distances. »
Si à court terme, le transport par route peut sembler plus avantageux, Jean-Paul Lachat a expliqué que le transport par camions aurait un impact financier non négligeable pour entretenir les routes. Sans compter les nuisances environnementales et pour la population.
En utilisant le rail pour les longues distances, plutôt que la route, on économise 269 tonnes de CO2 par année entre Glovelier et La Chaux-de-Fonds, a expliqué André Marquis, président de la société jurassienne SEOD.
Jura : 3,2 millions de Genève
Une convention financière entre les différents partenaires va être élaborée d'ici à l'été 2027. Actuellement, les collectivités publiques versent un montant de 760'000 francs par an, en grande partie financé par la Confédération.
Grâce à un accord avec le canton de Genève dans le cadre de l’accueil de mâchefers, le Jura pourra financer le maintien du transport des déchets par le rail. La contribution genevoise s'élève à 3,2 millions de francs.
Elle permettra de financer dès 2027 l’entier du coût annuel de ces transports à charge du Jura mais aussi tout ou partie du surcoût – engendré par le renouvellement du matériel roulant – à charge du Syndicat intercommunal du district de Porrentruy (SidP) et du Syndicat de gestion des déchets de Delémont et environs (SEOD). Cet argent permettra de couvrir ces coûts au moins jusqu’en 2032. « Le Gouvernement a transmis au Parlement cantonal un projet de loi permettant de créer un fonds destiné à soutenir en la matière les dépenses du canton et des syndicats de communes », précise l’exécutif jurassien ce jeudi. /ATS







