L’avenir des pâturages boisés en discussion. La Fondation rurale interjurassienne (FRI) a organisé mercredi soir à Saignelégier une soirée dédiée au pastoralisme. L’événement a attiré 128 personnes et il était soutenu par douze partenaires politiques, agricoles, touristiques et associatifs du Jura et du Jura bernois, ainsi que par le Centre de compétence et d’excellence pour le développement de systèmes agroécologiques durables de l’Université de Neuchâtel et de la FRI (CEDD-Agro-Eco-Clim). La séance a mêlé interventions d’experts et ateliers participatifs. L’enjeu était de déterminer les effets du changement climatique sur les pâturages boisés et les principales adaptations à mener pour mieux y résister.
Le climat change, le visage des pâturages boisés aussi :
Du bois, de l’herbe et un paysage pour de nombreux acteurs
Le Jura compte 4'300 hectares de pâturages boisés, dont 80% sont entre les mains des communes et des bourgeoisies. Ces écosystèmes allient forêts et prairies majoritairement peuplés d’épicéas qui souffrent énormément du changement climatique. « On va devoir aller vers d’autres essences, si possible une mosaïque avec une grande diversité », avance le climatologue au CEDD-Agro-Eco-Clim Valentin Comte. Les chênes et les érables sont privilégiés et pourraient donc modifier le paysage utilisé pour la sylviculture.
Les pâturages boisés concernent aussi 300 exploitations agricoles jurassiennes. Ils permettent au bétail de s’alimenter. Avec des périodes de pousse d’herbe plus longues au printemps et en automne et des pâtures sèches et moins abondantes en été, des adaptations sont nécessaires pour les périodes d’estivage et le nombre d’animaux sur ces parcelles. « L’avenir va nous dire quelle sera l’évolution et la croissance en herbe. En fonction de ça, on pourra observer si on devra diminuer la charge de certaines espèces », esquisse Jocelyn Altermath, conseiller à la FRI.
Ces espaces couvent également des trésors de biodiversité que les associations environnementales s’échinent à préserver. Ils offrent aussi à notre région un panorama unique que le secteur touristique élève au rang d’atout pour attirer les visiteurs. Autant d’acteurs avec des intérêts différents. Le collaborateur à l’Office jurassien de l’environnement, Quentin Humair, estime « qu’il faut se mettre autour de la table » et utiliser « les bases légales pour trancher » en n’oubliant jamais que « l’objectif supérieur est la conservation du milieu ». Si aucune solution miracle ne semble se dessiner, tous les participants à la séance ont montré leur attachement aux pâturages boisés et à leur préservation. /nmy










