Accord sur une charte de transition au Burkina Faso

Les partis politiques d'opposition, les associations de défense des droits civiques et des chefs religieux burkinabé se sont mis d'accord sur une charte prévoyant la création d'une autorité de transition. Cette instance doit préparer des élections démocratiques au Burkina Faso.

Cet accord, conclu après des négociations dans la capitale Ouagadougou, doit être présenté cette semaine au lieutenant-colonel Isaac Zida qui s'est proclamé chef de l'Etat après la fuite du président Blaise Compaoré renversé par des manifestations.

La charte prévoit la création d'un parlement intérimaire de 90 membres avec 10 représentants de l'armée, 40 de l'opposition et 30 de la société civile. Les dix sièges restants seront attribués à d'autres partis politiques, y compris les anciens alliés du président renversé Blaise Compaoré. Ces derniers, ainsi que les militaires, n'ont pas participé aux négociations.

Le gouvernement intérimaire serait composé de 25 membres qui n'auraient pas la possibilité de se présenter à l'élection présidentielle, ni aux élections législatives qui doivent avoir lieu l'an prochain.

Trouver l'oiseau rare

La charte, qui doit être présentée cette semaine à l'actuel homme fort du pays, le lieutenant-colonel Zida, et aux militaires, mais aussi aux anciens partisans de M. Compaoré, pourrait être amendée.

Elle propose notamment de créer un collège spécial qui aurait pour mission de désigner la personnalité qui présidera à la transition et veillera à la préparation des élections. Ce collège compterait sept militaires, 15 membres de partis politiques et de la société civile et huit chefs religieux ou chefs traditionnels.

"C'est un texte qui semble réunir tout le monde. Le point épineux est de choisir l'homme qui va présider pendant la transition", a commenté Roch Marc Christian Kaboré, président du Mouvement populaire pour le progrès (MPP, opposition).

En attendant de trouver l'oiseau rare, une autre étape est essentielle: le projet rédigé par les opposants et les responsables de la société civile doit être soumis à l'armée. L'actuel homme fort du pays, le lieutenant-colonel Isaac Zida, reste en effet toujours au centre du jeu.

/ATS


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