Journée noire pour l'armée ukrainienne

L'armée ukrainienne a essuyé jeudi ses plus lourdes pertes depuis le début de l'opération visant à reprendre le contrôle de l'Est aux mains des séparatistes prorusses. Dix-sept soldats ukrainiens ont péri à trois jours d'une élection présidentielle cruciale pour l'avenir du pays.

Après plusieurs jours d'accalmie sur le "front de l'Est", dans les régions de Donetsk et de Lougansk, la confrontation a repris avec plus d'intensité entre l'armée ukrainienne et les insurgés. Selon Kiev et les Occidentaux, ceux-ci sont soutenus par Moscou.

Selon le ministère ukrainien de la Santé, 16 militaires sont morts dans la ville de Volnovakha, dans la région de Donetsk, et un soldat a été tué dans une autre attaque d'insurgés dans la région voisine de Lougansk. Au moins 36 soldats ont dû être hospitalisés.

Des insurgés armés ont investi quatre mines de la même région et exigent les stocks d'explosifs, a encore annoncé le ministère ukrainien de l'Energie. Ces attaques interviennent peu avant l'élection présidentielle de dimanche, dans un pays au bord de la guerre civile et de la partition.

Voter pour faire échec à Poutine

Les régions de Lougansk et de Donetsk sont en grande partie sous le contrôle des séparatistes, qui ont proclamé leur souveraineté après des référendums d'indépendance. Ils ont menacé de perturber le scrutin de dimanche, censé stabiliser le pays après les manifestations populaires qui ont abouti à la chute du président Viktor Ianoukovitch en février.

Le chef du conseil de sécurité nationale et de défense Andriï Paroubiï a reconnu qu'il "y aurait des problèmes" dans l'organisation du scrutin dans les chefs-lieux régionaux de Donetsk et de Lougansk, ainsi qu'à Slaviansk.

Début de retrait russe

Parallèlement, l'OTAN a annoncé qu'elle avait observé des mouvements de troupes russes qui "pourraient suggérer" leur retrait partiel le long de la frontière avec l'Ukraine.

"La Russie envoie des signaux pour exprimer dans une certaine mesure sa bonne volonté pour accepter l'élection et oeuvrer à la désescalade", a estimé jeudi Wolfgang Ischinger, représentant de l'OSCE aux "tables rondes" organisées en Ukraine pour calmer les tensions. Selon le diplomate allemand, les discussions à la "table ronde" progressent.

/ATS


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