Angela Merkel fait des concessions et noue une alliance avec le SPD

Angela Merkel a conclu un accord de coalition avec le parti social-démocrate (SPD), ont indiqué des responsables des différentes formations. La chancelière allemande conservatrice a dû faire des concessions majeures, notamment la création d'un salaire minimum dès 2015.

La composition du futur gouvernement n'a pas été annoncée officiellement, mais les sociaux-démocrates obtiendraient six portefeuilles contre neuf pour les conservateurs. Le président du SPD, Sigmar Gabriel, pourrait devenir vice-chancelier.

Lors d'une conférence de presse commune, les deux leaders ont multiplié les traits d'humour et affiché une certaine complicité, se montrant sereins face au dernier obstacle: le référendum soumis aux 474'000 militants sociaux-démocrates début décembre pour approuver ou non cet accord de coalition. Le résultat du vote sera connu le 14 décembre.

Si les militants donnent leur feu vert, Mme Merkel pourrait être élue le 17 décembre par les députés du Bundestag à la tête d'un gouvernement de "grande coalition" pour un troisième mandat de quatre ans.

Salaire minimum dès 2015

Mme Merkel a consenti plusieurs concessions majeures qui pourraient vaincre les réticences des sociaux-démocrates. Le SPD a ainsi obtenu la création d'un salaire minimum de 8,50 euros de l'heure (10,54 francs suisses) à partir de 2015, mesure qu'il avait posée comme condition à tout accord.

Certains secteurs (artisanat ou agriculture, par exemple) pourront durant deux ans continuer à appliquer des accords établissant des salaires plus bas, mais le plancher sera applicable à tous au 1er janvier 2017.

Ce salaire minimum serait une première en Allemagne, un pays qui s'en remet jusqu'ici exclusivement aux partenaires sociaux pour régler les questions salariales.

Amélioration des retraites

Les sociaux-démocrates peuvent aussi se targuer d'avoir obtenu un plan d'amélioration des retraites pour les petits salaires, ainsi que la possibilité d'un départ à 63 ans (au lieu de 67) pour les salariés ayant cotisé 45 ans.

L'ensemble des mesures sociales et investissements (notamment dans l'éducation et les infrastructures) prévus devrait coûter 23 milliards d'euros d'ici 2017, financés sans augmentation de la fiscalité ni remise en cause de l'objectif de réduction de la dette publique.

/ATS


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