Ankara: Erdogan mobilise son gouvernement contre "le complot"

Le gouvernement islamo-conservateur turc a continué lundi à combattre le "complot" que constitue, à ses yeux, le scandale politico-financier qui l'éclabousse. Il a chiffré son coût pour l'économie à déjà plus de 100 milliards de dollars.

Sur fond de net rebond des marchés financiers, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a réuni pour la première fois sa nouvelle équipe ministérielle, remaniée dans l'urgence la semaine dernière après la démission de trois ministres mis en cause par l'enquête anticorruption qui fait tanguer le sommet de l'Etat.

Un "piège"

A l'issue de cette réunion de mobilisation, le porte-parole du gouvernement Bülent Arinç a encore une fois dénoncé un "piège" destiné à "faire de l'ombre au prestige de la Turquie, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de ses frontières".

"Nous parlons de dommages d'un montant de plus de 100 milliards de dollars", a insisté le vice Premier ministre devant la presse, en référence à la dégringolade de la monnaie et des marchés turcs, provoquée la semaine dernière par cette crise politique sans précédent.

Reprise de la Bourse

Cependant, la livre et la Bourse d'Istanbul ont nettement repris des couleurs lundi. La devise turque s'échangeait à la clôture à 2,124 livre pour un dollar, contre 2,149 vendredi, tandis que le principal indice de la bourse (BIST 100) concluait la séance sur une hausse de 6,42%.

Délibérément optimistes, le ministre des Finances Mehmet Simsek a espéré un ressaisissement "rapide" des marchés et son nouveau collègue de l'Economie, Nihat Zeybekçi, a parié sur leur retour au calme "d'ici la fin de la semaine".

Confrérie de Gülen visée

Comme M. Erdogan, le nouveau ministre de l'Intérieur Efkan Ala a pointé du doigt lundi la responsabilité de la confrérie du prédicateur Fethullah Gülen dans l'enquête anticorruption qui a déjà conduit à l'incarcération d'une vingtaine de personnalités proches du pouvoir.

Longtemps alliée de l'AKP (parti au pouvoir), l'organisation Gülen, très influente dans la police et la magistrature, a déclaré la guerre au gouvernement contre son projet de supprimer certaines écoles privées qui constituent pour elle une manne financière.

/ATS


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