Censure: Twitter bloqué, le nombre de tweets explose

Le gouvernement turc a justifié samedi le blocage de Twitter, largement contourné par des internautes en colère. Il a évoqué une "mesure préventive" contre une entreprise de "diffamation", à la suite d'une série de fuites dans un scandale de corruption l'impliquant personnellement.

"Twitter a été utilisé comme un outil de diffamation systématique en faisant circuler des enregistrements acquis illégalement, des écoutes téléphoniques truquées", ont transmis à l'AFP par communiqué les bureaux du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

"Le gouvernement turc est contre la libre circulation de ces enregistrements (...) sur Twitter et d'autres sites et réseaux sociaux qui visent à entraver la Sécurité de l'Etat et à salir la réputation des citoyens. Il n'est pas contre Internet", ont-ils également ajouté.

L'autorité turque des télécommunications a interdit jeudi soir l'accès à Twitter, après que M. Erdogan, impliqué dans un scandale de corruption, eut annoncé sa décision d'éradiquer le site de microblogging.

M. Erdogan a menacé de s'en prendre à YouTube et Facebook après l'organisation, le 30 mars, d'élections municipales aux allures de référendum pour ou contre le chef du gouvernement.

Importantes sommes d'argent

Le gouvernement a indiqué avoir décidé ce blocage après que le réseau social eut refusé de se conformer à des "centaines de décisions de justice" sur le retrait des enregistrements de conversations téléphoniques piratées.

Les enregistrements dévoilent notamment une conversation présumée de M. Erdogan avec son fils, où il est question de dissimuler d'importantes sommes d'argent, ainsi que de pressions du Premier ministre sur la justice ou la presse et d'ingérences dans des ventes immobilières. L'intéressé a rejeté ces accusations, qu'il a attribuées à ses rivaux politiques.

L'interdiction a provoqué une explosion du nombre de tweets, qui ont augmenté de 138 % au total, selon une étude de la société Brandwatch. Les Turcs ont eu recours aux réseaux privés virtuels (VPN) et changé de système de noms de domaines (DNS) pour contourner les restrictions.

/ATS


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