Découverte macabre à Bentiu, au Soudan du Sud

Un charnier a été découvert au Soudan du Sud, à Bentiu, capitale de l'Etat pétrolier d'Unité (nord), a déclaré mardi à Genève la Haut-Commissaire de l'ONU en charge des droits de l'homme Navi Pillay. Elle a prévenu que les responsables politiques et militaires qui se rendraient coupables de crimes devraient rendre des comptes.

"Nous avons découvert un charnier à Bentiu et il y en aurait deux autres à Juba", a expliqué Mme Pillay dans un communiqué. Quelque 34 corps ont été découverts, mais l'ONU craint que le bilan n'atteigne 75 morts.

Les "seraient apparemment de l'ethnie Dinka", a déclaré Mme Pillay à l'agence Reuters.

Arrestation de policiers

Elle a également dénoncé des "exécutions de masse, en dehors de tout jugement, le ciblage d'individus sur la base de leur appartenance ethnique et les détentions arbitraires", qui ont eu lieu au Soudan du Sud ces dix derniers jours.

Mme Pillay a aussi fait part de sa grande inquiétude concernant le sort des nombreuses personnes qui ont été arrêtées et qui sont détenues dans des lieux inconnus, parmi lesquelles figurent quelques centaines de civils arrêtés lors de perquisitions de maisons et d'hôtels à Juba.

Des centaines de membres des forces de police du Soudan du Sud auraient également dû rendre les armes et auraient été arrêtés.

Un peu plus tôt, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait affirmé que l'ONU enquêterait "sur les accusations de graves violations des droits de l'homme et de crimes contre l'humanité".

Quant au bilan des violences, il s'élèverait bien au-delà des quelque 500 morts évoqués jusqu'ici. "Il n'y a aucun doute pour moi, le bilan atteint des milliers" de morts, a déclaré mardi soir le chef de la mission humanitaire de l'ONU dans le pays, Toby Lanzer.

Dizaines de milliers de déplacés

Les violences ont aussi provoqué l'exil sur les routes d'au moins 45'000 personnes, qui ont cherché refuge dans les bases de l'ONU.

Le nombre total de personnes déplacées devrait être beaucoup plus élevé, selon Mme Pillay, qui a cité des informations selon lesquelles elles ont cherché à se réfugier dans des églises.

Par ailleurs, l'ex-vice-président du Soudan du Sud, Riek Machar, a affirmé mardi qu'il était "prêt à engager des pourparlers", en Ethiopie, avec son rival le chef de l'Etat Salva Kiir.

/ATS


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