Le président irakien nomme un Premier ministre, Maliki écarté

Le président irakien a chargé Haïdar al-Abadi de former un nouveau gouvernement. Il a ainsi écarté le très contesté Nouri al-Maliki après des mois de blocage politique et de conflit armé avec les jihadistes, face auxquels l'armée reste impuissante.

Dans ce contexte explosif, Bagdad était quadrillée par un nombre inhabituel de forces de sécurité. Les grandes artères étaient bouclées et la Zone verte, qui abrite les institutions clés, encore plus protégée que d'ordinaire.

Né en 1952, Haïdar al-Abadi est considéré comme un proche du chef du gouvernement sortant. Ancien ministre des Communications, il avait été élu au Parlement en 2006. Les Etats-Unis lui ont apporté leur soutien, l'appelant à former un gouvernement (d'union) "aussi vite que possible".

La formation d'un tel gouvernement est réclamée par la communauté internationale pour contrer l'offensive lancée le 9 juin par les jihadistes sunnites de l'Etat islamique (EI). Ceux-ci s'emparent de territoires en Irak et mènent des exactions contre les minorités religieuses, poussant à l'exode des centaines de milliers de personnes.

"Le pays entre vos mains"

Lors d'une brève cérémonie retransmise en direct à la télévision, le président irakien Fouad Massoum a chargé M. Abadi, actuel premier vice-président du Parlement, de former le prochain gouvernement d'ici 30 jours. "Le pays est entre vos mains", lui a-t-il dit.

Cependant, nombre d'officiers de l'armée soutiennent encore M. Maliki. Dimanche soir, M. Maliki, qui s'efforce de rester au pouvoir, a accusé le président d'avoir violé la Constitution en retardant la nomination d'un Premier ministre. Il a annoncé son intention de porter plainte à son encontre.

Situation humanitaire catastrophique

La situation humanitaire reste catastrophique. Des centaines de milliers de personnes ont été jetées sur les routes par l'avancée de l'Etat islamique. Parmi elles, de nombreux chrétiens chassés de Mossoul, deuxième ville du pays, et de Qaraqosh, ville chrétienne prise la semaine dernière.

La minorité kurdophone et non musulmane des Yazidis est également menacée depuis la prise de Sinjar, l'un de ses bastions. Réfugiés dans les arides montagnes environnantes, des milliers de Yazidis tentent de survivre entre la famine et les jihadistes, sous des températures pouvant dépasser 50° C.

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont largué des vivres aux populations en détresse. La France a aussi envoyé de l'aide.

L'Italie a appelé lundi la représentante de la diplomatie européenne Catherine Ashton à convoquer une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'UE, pour discuter d'un soutien aux Kurdes d'Irak et de la situation en Libye et à Gaza.

/ATS


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