L'OMS étudie l'utilisation de médicaments non homologués

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) discutait lundi à huis clos, avec des experts en éthique médicale, de la possibilité d'utiliser des traitements expérimentaux contre la propagation du virus Ebola. L'épidémie a poussé le Libéria à mettre en quarantaine une troisième province.

Ce pays d'Afrique de l'Ouest avait déjà restreint les déplacements de et vers ses provinces de Bomi et Grand Cape Mount (ouest) en vertu de l'état d'urgence décrété le 6 août pour 90 jours. La présidence a annoncé la mise en quarantaine de Lofa (nord) pour "protéger les populations non encore affectées".

Cette région est frontalière de la Guinée et de la Sierra Leone, deux pays frappés par l'épidémie, qui touche aussi le Nigeria depuis juillet.

Jusqu'à la semaine dernière, la fièvre hémorragique hautement contagieuse a causé la mort de 961 personnes sur 1779 cas confirmés, suspects ou probables - essentiellement dans les trois premiers pays, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Ce qui représente un taux de mortalité de 54%.

Abidjan s'efforce de prévenir

En plus du Libéria, l'état d'urgence est en vigueur en Sierra Leone et au Nigeria, et la Guinée a annoncé avoir pris des mesures "contraignantes visant à mieux contrôler les mouvements transfrontaliers". Le Niger, qui n'a enregistré aucun cas de fièvre Ebola, a mis en place un "plan d'urgence".

Par prudence, la Côte d'Ivoire a suspendu ses vols avec les pays touchés et elle a interdit à toutes les compagnies de transporter les passagers de ces zones vers Abidjan. Le pays est ainsi allé plus loin que les recommandations de l'OMS.

Ces derniers jours, des malades présentant des symptômes proches de ceux d'Ebola (forte fièvre, faiblesse, maux de têtes, vomissements, diarrhées ou hémorragies notamment) ont été placés en quarantaine dans des pays d'Afrique, d'Europe et d'Asie, mais les résultats des tests ont exclu la présence du virus.

Médicaments non autorisés

Lundi, l'OMS tenait une téléconférence entre experts, notamment sur les questions d'éthique médicale. L'organisation veut définir une position concernant l'usage de médicaments non autorisés pour tenter de sauver les malades.

Avec les premiers résultats positifs dans le traitement de deux Américains par l'un de ces médicaments (conçu par la société américaine Mapp Pharmaceuticals), les appels à l'utiliser se sont multipliés, même s'il n'a jamais été expérimenté sur l'homme et n'est donc agréé par aucune autorité sanitaire.

"Servir de cobayes"

L'utilisation de traitements expérimentaux contre Ebola n'est pas une "priorité" pour la Guinée, a déclaré le ministre guinéen de la Santé Remy Lamah, dans un entretien au quotidien "La Croix" à paraître mardi.

/ATS


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