Echauffourées entre policiers et manifestants à Vukovar en Coatie

Des échauffourées ont eu lieu lundi à Vukovar entre la police et des manifestants croates qui ont arraché des enseignes en cyrillique, alphabet utilisé par la minorité serbe de Croatie. La ville de Vukovar a été ravagée par les forces serbes durant le conflit de 1991-95.

Une centaine de membres d'un groupe "pour la protection de Vukovar croate", essentiellement des anciens combattants, ont ainsi soit détruit soit arraché plusieurs panneaux écrits en alphabet latin et cyrillique, installés par les autorités sur des immeubles de l'administration publique, dont un commissariat de police, a rapporté l'agence Hina.

Les manifestants brandissaient des drapeaux croates et scandaient "Vukovar, Vukovar!". Quatre policiers ont été blessés dans ces heurts par les manifestants dont plusieurs ont été interpellés par la police après la fin de la manifestation, a indiqué le ministère de l'Intérieur.

"Nous allons les empêcher de mettre ces enseignes (...) Nous n'allons pas attaquer notre police, mais nous n'allons pas renoncer", a déclaré un manifestant, Drago Adzaga, à la télévision nationale.

Le gouvernement croate a décidé d'introduire des inscriptions bilingues conformément à une loi qui prévoit leur utilisation dans les localités où une minorité représente un tiers de la population, ce qui est le cas pour les Serbes à Vukovar.

Relations toujours fragiles

Mais les protestataires demandent à ce que cette ville martyre du conflit serbo-croate, où les relations entre les Croates et la minorité serbe sont toujours fragiles, soit exemptée. Le leader politique des Serbes de Croatie, Milorad Pupovac, a qualifié l'action des manifestants de "message d'intolérance et d'appel à la violence".

Le gouvernement de centre-gauche a dénoncé un acte de "violence chauvine". Après la proclamation de l'indépendance croate de l'ex-Yougoslavie, les sécessionnistes serbes, soutenus par l'armée fédérale yougoslave et le régime au pouvoir à Belgrade, avaient lancé en août 1991 une campagne militaire contre Vukovar.

Environ 1600 personnes, dont 1100 civils, ont été tuées en quelques mois pendant le siège et après la chute de la ville, et quelque 20'000 Croates ont été expulsés de Vukovar. Les bombardement avaient pratiquement rasé cette ville.

Le respect des droits des minorités a été l'une des conditions principales imposées à la Croatie pour adhérer à l'Union européenne le 1er juillet dernier. Les Serbes sont la plus importante minorité en Croatie.

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